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Au
250e anniversaire de la mort de Jean-Sébastien Bach, on a voulu
fêter un compositeur baroque exceptionnel : la beauté et
la richesse de sa musique n'ont jamais été égalées.
Homme de foi, Bach se considérait
comme témoin, ministre de la Parole, chargé d'annoncer à
travers ses oeuvres la Bonne Nouvelle, c'est-à-dire le message
des Béatitudes, le Royaume promis aux pauvres.
A mesure qu'il avancera dans sa carrière,
il multipliera les citations littérales des Écriture. C'est
ainsi que, dans la partition de la Passion selon Matthieu, il ira jusqu'à
écrire les textes de l'Écriture avec une encre rouge spéciale.
Pour mieux comprendre sa musique religieuse,
en particulier ses Cantates sacrées, ses Chorals, ses Motets, ses
Oratorios, ses Passions, ses Messes, ses Préludes, Fugues et Variations
pour orgue, qu'il composait à la seule Gloire de Dieu (Soli Deo
Gloria), il faut resituer cette musique dans le cadre de la liturgie postérieure
à Luther. Deux hauts lieux hautement symboliques rythmaient l'espace
de ces églises luthériennes : la chaire du pasteur ( à
l'endroit de l'autel) et la tribune du grand orgue pouvant accueillir
musiciens et chanteurs. Cette disposition architecturale orientait la
liturgie vers l'écoute, par l'intelligence, de la Parole de Dieu
et vers l'intériorisation de cette Parole dans le coeur par la
beauté du chant et de la musique.
A l'opposé des intérieurs
orthodoxes ou catholiques, l'ouïe est ici privilégiée
par rapport à la vue. Saint Paul, redécouvert par Martin
Luther, n'a-t-il pas dit : "La foi naît de la prédication"
(Rm 19,17)? La foi se reçoit par l'oreille, car Dieu est invisible
: seule l'écoute peut donner accès à Dieu.
Jean-Sébastien Bach mourut à
l'âge de soixante-cinq ans. Il avait exercé durant vingt-cinq
ans la charge de Cantor en l'église Saint-Thomas à Leipzig.
Compositeur de chants religieux, chef de choeur et chef d'orchestre, organiste,
mais aussi directeur d'une école de cinquante et un garçons
qui chantaient les offices et services religieux dans plusieurs églises,
il avait en outre, la responsabilité de toutes les festivités
musicales de la ville de Leipzig. Si le travail ne lui manquait pas, son
désir de transmettre la Parole de Dieu était le plus fort.
Albert
Pirson
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