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LE
ROYAUME DE DIEU ET LA ROYAUTÉ DE JÉSUS
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| 3. Dans le livre de l'Apocalypse | ||
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Jésus
est au centre du Royaume, car il en est le Roi. Les autres écrits
du Nouveau Testament, en dehors des évangiles, nous parlent eux
aussi du royaume que l'Apocalypse va décrire comme une cité
splendide, la Jérusalem nouvelle dont le Christ est le Roi. Voici
en survol quelques lieux importants qu'il est possible de relire dans
leur contexte général pour en saisir toute la portée.
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Dès le premier kérygme, (c'est-à-dire la première annonce de la résurrection), les apôtres s'attachent à dire que Jésus a été exalté à la droite de Dieu, ce qui correspond à une place de roi. Le vocabulaire de l'exaltation se trouve largement représenté pour exprimer à la fois le fait de la résurrection et le fait que, par elle, Dieu a attiré Jésus à lui pour le faire régner auprès de lui. On se souvient que, pendant la comparution devant le Sanhédrin dans le récit des synoptiques, Jésus répond à la question de grand prêtre : " Désormais le Fils de l'homme siégera à la droite du Dieu puissant " (Luc 22,68; voir aussi Mt 26,44 et Mc 14,62). Étienne le redira lors de sa lapidation : " Je vois le Fils de l'homme debout à la droite du Très Haut " (Ac 7,56). Ces mots font écho au texte du prophète Daniel au sujet du Fils de l'homme " auquel sont données souveraineté, gloire et royauté et dont la royauté ne sera jamais détruite " (Dn 7,14). La mention de Jésus siégeant à la droite de Dieu, dans de si nombreux textes, prend un aspect extrêmement important aux yeux des premières générations chrétiennes. C'est pourquoi Pierre dira aux Juifs après la Pentecôte : " Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous vous avez crucifié " (Ac 2,36). Il venait de s'appuyer sur le psaume 109 : " Le Seigneur a dit à mon seigneur, siège à ma droite, jusqu'à ce que j'aie fait de tes ennemis l'escabeau de tes pieds " (Ps 110-109, 1). Les textes des Actes sur le Royaume ou la Royauté de Jésus signifient deux choses principalement : - l'intronisation de Jésus comme roi est réalisée par la résurrection, le temps du Royaume attendu et promis par Dieu est donc arrivé, - l'exaltation de Jésus ouvre pour ceux qui l'accueillent le temps de ce Royaume. Si l'on parle de l'exaltation de Jésus, de sa résurrection, c'est aussitôt pour dire que c'est "pour nous". Ce qui concerne Jésus nous introduit nous-mêmes dans son règne. 2. Dans les lettres des apôtres. Le thème de Jésus siégeant à la droite de Dieu est très fréquent également dans les lettres apostoliques. Voyons quelques textes :
Les lettres aux Éphésiens, aux Philippiens et aux Colossiens contiennent une grande hymne à Dieu et à son Fils, le Christ.
Mais si le Christ siège auprès de Dieu, tous n'auront pas part à ce Royaume, il est nécessaire de remplir les conditions de vie propres à ce royaume :
Si le mot royaume n'est cité que dans la lettre aux Éphésiens, nous voyons bien qu'il s'agit partout de la même réalité, le monde nouveau ouvert pour nous par le Christ ressuscité. Nous ne pouvons pas citer tous les textes. Nous en trouvons encore plusieurs dans la lettre aux Hébreux, tous basés sur le Psaume 110 (109). Ils soulignent également les deux aspects de la royauté du Christ : son exaltation et notre salut.
Ce texte est sous-jacent au refrain invitatoire de l'office monastique de Carême : "Entrons dans le combat de Dieu, les yeux fixés sur Jésus-Christ". Ce refrain nous introduit dans le livre de l'Apocalypse, le grand combat cosmique où Dieu sort vainqueur avec nous pour nous offrir la cité sainte éternelle, le royaume enfin établi. 3. Dans le livre de l'Apocalypse L'Apocalypse est un livre codé pour temps de guerre! Pour que l'ennemi ne puisse pas le comprendre ! L'ennemi dont il s'agit à ce moment-là est Rome, la Babylone du livre, symbolisant le mal. Le Royaume, la cité du futur, ne peut être bâtie qu'après une guerre terrible entre les forces du mal - les bêtes monstrueuses décrites dans le texte - et les forces du bien.
Pourtant tout au long de ce dur temps de combat, l'auteur nous montre déjà le royaume, le ciel ouvert avec Dieu qui règne avec Jésus, l'Agneau égorgé mais vivant, entouré de ceux qui ont achevé leur combat. Ils chantent la gloire de celui qui les a sauvés :
Les mots bibliques sont des mots humains,
donc trop courts pour exprimer les réalités d'en haut. Si
la Bible s'ouvre sur un jardin, elle se termine par une ville dont les
portes sont toujours ouvertes (Ap 21,25). Cette ville est longuement décrite
dans les derniers chapitres de l'Apocalypse, c'est elle le Royaume enfin
acquis au bout du long combat de la vie. C'est une cité remplie
de beauté et de joie, dont le fondement est le Christ, la lumière
est le Christ, le temple est le Christ. Les portes sont les apôtres,
elles sont douze comme les douze tribus d'Israël. En elle plus aucun
malfaisant. C'est une cité, car c'est la maison commune de tous
les frères et surs. C'est un Royaume où Dieu est Dieu avec nous et nous sommes son peuple. "Il essuiera toute larme de leurs yeux, la mort ne sera plus. Il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni souffrance, parce que l'ancien monde a disparu le vainqueur recevra cet héritage et je serai son Dieu et lui sera mon fils". (Ap 21, 3-4.7). Au cours de notre vie et de son combat, nous nous écrions avec l'auteur de l'Apocalypse et l'Église : "Maranatha, viens Seigneur Jésus" (Ap 22,20). C'est un Royaume en espérance qu'il nous faut bâtir jour après jour.
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