Accueil
Personnages
Revue
Sites bibliques
Catéchèse
Agenda
Plan du site
Mots-clés
Coin jeunes

Le triduum pascal au coeur de notre foi

Au coeur de la liturgie, les trois jours de Pâques sont peu connus. Pourtant qu'elle joie de pouvoir y participer. Le repas du jeudi saint, La grande célébration de la croix, le vendredi saint. La veillée pascale avec le feu, l'histoire sainte et l'annonce de la résurrection.

"Que notre seule fierté soit la croix de notre Seigneur Jésus Christ.
En lui, nous avons le salut, la vie et la résurrection,
Par lui, nous sommes sauvés et délivrés
"
Antienne d'ouverture du Jeudi Saint (Cf. Ga 6, 14)

     Les célébrations pascales reposent toutes sur le message de foi des Écritures. Il constitue l'arrière-fond de la liturgie.
     Cette antienne d'ouverture du Jeudi saint annonce bien la couleur : la croix, lieu de mort, la croix, lieu de vie, de résurrection. En plus d'être l'ouverture de la célébration du Jeudi saint, jour de la Cène, elle nous introduit au mystère de la souffrance et de la mort du vendredi. Et déjà, elle annonce la grande joie de la résurrection, célébrée à la veillée pascale. Cette antienne est bien ouverture à l'ensemble du Triduum. Nous ne pouvons célébrer la résurrection en gommant la passion. Il s'agit d'un tout.
      Notre seule fierté ne peut venir que de la croix du Christ, cette croix où est mort pour tous les hommes, un homme venu de Dieu, un Dieu qui s'est fait homme. C'est par la souffrance et la mort qu'est venue la vie. Par le Christ, nous sommes sauvés et délivrés.

Trois jours saints
     Le Triduum pascal au cœur de notre foi ! Célébrer ces trois jours saints c'est retourner à la source de notre foi pour retrouver ce qui donne sens à notre vie de croyant.
     Du jeudi au dimanche de Pâques, nous avons là comme un raccourci de tout ce que nous célébrons tout au long de l'année liturgique et que nous proclamons lors de chaque célébration eucharistique :
               "Tu as connu la mort, tu es ressuscité et tu reviens encore pour nous sauver".
                                 "Vous ferez cela en mémoire de moi"         
     Au soir du jeudi, Jésus se retrouve avec les siens. Il sait ce qui va se passer… Cela se tramait depuis quelques temps ! Moment décisif que ce temps du repas ! "Ceci est mon corps livré pour vous … Ceci est mon sang versé pour vous". Jésus, à cœur ouvert, livre son testament : "Vous ferez cela en mémoire de moi". Au sens propre du terme, il n'a pas institué l'eucharistie. L'eucharistie est, en quelque sorte l'appropriation du message qu'il laisse. Et ce message est d'une simplicité telle qu'il nous faut, sans cesse, le redécouvrir pour le faire nôtre. Le pain partagé, c'est le corps du Christ. Nous le célébrons en vérité. Mais cette vérité est en perpétuel devenir jusqu'à ce que vienne le jour qui ne connaîtra plus de fin. Cette vérité ne peut être que la nôtre : nous sommes le Corps du Christ. C'est l'Église qui est le Corps du Christ. C'est en partageant le pain, en buvant à la même coupe que le testament de Jésus prend corps, qu'il devient toujours plus son corps, l'Église, appelée à témoigner de cette bonne nouvelle : Christ est vivant pour nous aujourd'hui.

" La passion de notre Seigneur, Jésus le Christ "…
      Chemin de croix, chemin de foi ! Passion qui devient passionnante pour les hommes de ce temps. C'est bien l'amour qui est au centre de ce jour. Par amour Jésus est allé jusqu'au bout, jusqu'au bout de son humanité, jusqu'à la mort. La mort serait-elle donc la fin de tout ? La mort aurait-elle le dernier mot ?
      Ce chemin de croix que Jésus a vécu pleinement dans son corps est porteur de sens : nous avons, comme le Christ, à vivre pleinement notre humanité, jusqu'au bout. Nous avons à mourir avec le Christ pour vivre avec lui en ressuscités.
      Célébrer le vendredi saint c'est donc entrer, à la suite du Christ, dans notre passion, passion dévorante pour ce Christ qui sans cesse nous redit :
                              Alléluia, le Christ est ressuscité Alléluia ! La vie a jailli du tombeau !
      Au cœur de cette nuit, nous veillons pour que le Christ vienne illuminer nos cœurs. Doucement, la nuit va faire place au jour. La vie prend le dessus sur la mort. Au cœur même de la nuit, la mort engendre la vie, vie renouvelée en Christ.
      Nous veillons. Nous vivons dans la durée à la suite de tous ceux qui nous ont précédés. La longue liturgie de la Parole nous introduit dans le cœur même de Dieu. Depuis la création, en passant par Abraham, Moïse, les prophètes, Dieu sans cesse vient renouveler l'alliance avec son peuple. Nous sommes ainsi pris dans tout ce mouvement.
      Appelés à renouveler la foi de notre baptême, nous faisons partie pleinement de ce peuple en Alliance avec son Dieu.
      Et au moment où la nuit commence doucement à faire place au jour, nous voici invités à prolonger notre célébration en prenant place au banquet des noces de l'Agneau. L'eucharistie nous invite à faire mémoire et à vivre du Christ ressuscité, en partageant le pain, en buvant à la même coupe. Elle nous invite à vivre en ressuscités.

Faire mémoire
     
Nous l'avons compris ! Pas de passion sans amour, pas de vie sans mort, pas d'eucharistie sans Église. Nous avons compris aussi qu'en célébrant ces trois jours saints, nous retournons à la source de notre foi.       Par ces trois jours, il ne s'agit pas de mimer pour retracer tout ce que Jésus a vécu mais bien de nous insérer dans toute une histoire, dans l'histoire sainte.
      Faire mémoire c'est, bien sûr, se souvenir, se souvenir de tout ce qui nous a précédés. Mais c'est aussi rendre présente cette réalité. La faire nôtre pour que nous soyons, nous-mêmes, acteurs, participants à cette histoire. C'est simplement entrer dans cette grâce que Dieu nous donne d'être partenaires, aujourd'hui, de son Alliance sainte. Mais c'est aussi ouvrir un avenir sur le monde qui vient. En liturgie, nous ne nous replions pas sur nous-mêmes. Nous nous ouvrons à un autre, plus grand que nous, qui donne sens à notre vie. La liturgie nous invite à regarder vers celui qui vient pour nous sauver et nous donner la vie en abondance.

Vivre en ressuscités
     
Dieu, par Jésus le Christ et dans l'Esprit, vient faire de nous des ressuscités. Lors du Triduum pascal, nous ne sommes pas des spectateurs d'évènements passés mais bien des acteurs. Par notre participation, nous rendons toujours plus efficiente cette réalité qui s'offre à nous : Dieu vient ! Il vient pour tous les hommes de ce temps. Il vient leur proposer de vivre en Alliance avec lui.
      Mourir avec le Christ pour vivre en lui, avec lui, de lui. La mort à laquelle nous sommes appelés n'est pas biologique (même si nous savons bien que nous mourrons tous un jour), elle est symbolique mais néanmoins bien réelle. Nous sommes, sans cesse, appelés à mourir dans le Christ pour vivre avec lui d'une vie nouvelle, pour vivre une vie de ressuscités. Vivre en ressuscités, une vocation baptismale, que nous sommes appelés à renouveler lors de chaque Triduum pascal. "Ce n'est plus moi qui vis dans le Christ mais le Christ qui vit en moi". A la suite de Paul, nous sommes invités à vivre du Christ et par lui. C'est lui qui donne sens à notre vie. C'est par lui que nous pouvons témoigner auprès de tous nos frères dispersés du Royaume de Dieu qui vient, Royaume que nous pouvons, d'ores et déjà rendre présent à la suite du Christ, en vivant en ressuscités.

Judith Bollingh