La Parole de Dieu s'accomplit dans la liturgie

Souvent nous écoutons la lecture biblique suivie par l'acclamation "Parole du Seigneur"
et nous répondons "Gloire à Toi, Seigneur!"
Est-ce que nous croyons vraiment ce que nous disons ?

A la synagogue de Nazareth, Jésus a lu un texte d'Isaïe. Son homélie n'a contenu que quelques mots :
                "Cette parole que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit"
                                              (traduction liturgique).
"Aujourd'hui", c'est le maître mot d'une vraie homélie. Jésus est présent dans l'assemblée, dans sa Parole, dans la liturgie. "Aujourd'hui", il est là. Or, nous lisons :
               "Moi, le Seigneur, je parle et j'accomplis", nous rapporte Ezéchiel (Ez 17,24).
Notre propos, dans ce court article, est de chercher à comprendre cette homélie de Jésus à Nazareth. Nous pouvons appeler cette démarche "l'actualisation de la Parole de Dieu dans l'eucharistie". Nous envisagerons plusieurs aspects de cette actualisation. Essayons de la condenser en quelques réponses qui nous viennent au cœur quand le Seigneur nous parle.
Si nous prenons au sérieux le fait que la Parole vient de Dieu, nous aurons envie de lui dire, selon ce que nous avons entendu :
      * 'Puisqu'aujourd'hui tu es là, accomplis donc par l'eucharistie ce que tu nous dis dans ta Parole',
      * ou bien encore nous pourrons dire : 'Seigneur, pardonne-nous, ce que tu nous dis par ces Paroles, nous n'avons pas encore commencé à le vivre nous-mêmes',
     *ou 'Par ta Parole, tu nous rappelles tout ce que tu fais pour nous; par cette eucharistie, nous venons t'en rendre grâce',
     * ou encore 'Seigneur, ce que tu fais pour nous en cette eucharistie, nous voulons à présent l'accomplir pour nos frères'.
Quand le célébrant, après sa lecture, élève le livre en disant 'Parole de Dieu', nous nous écrions, plus ou moins par habitude : 'Gloire à toi, Seigneur'.
Sommes-nous convaincus que Jésus lui-même nous adresse la parole en ce moment ? Si nous prenons cela au sérieux , il nous faut répondre. La Parole s'adresse à nous. Un dialogue s'instaure. Des questions jaillissent dans notre cœur
Cette manière de se sentir personnellement interpellé par la Parole proclamée n'empêche pas de chercher à mieux comprendre, à mieux situer le passage lu chaque fois. Mais c'est un second temps, plus intellectuel. Le premier temps est un acte d'écoute et de foi, qui naît plus profondément que l'acte de l'intelligence. Car, il n'est pas possible par nos seules forces de répondre à Jésus. Paul écrit :
      "Dire 'Jésus est Seigneur' n'est possible que par l'action de l'Esprit Saint en nous" (1 Co 12,3).
Une homélie, ou une catéchèse, s'adresse d'abord à la foi. C'est la foi qui fait parler le lecteur, c'est la foi qu'elle veut éveiller. L'Esprit Saint seul peut ouvrir les cœurs à la Parole. Au sein de l'assemblée chrétienne, la Parole est proclamée. Le Seigneur est là. Il interpelle. Aujourd'hui, Jésus nous parle.

Marie-Philippe Schùermans