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Les Sens de la Bible
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Bien
des gens lisent la Bible et en tirent des choses contradictoires. Souvent
nous ne savons plus que penser, qui croire. Nous ne sommes pas
toujours au courant des recherches actuelles et nous pensons que l'Ecriture
n'a qu'un sens, fondamental, donné une fois pour toutes, compris
sans qu' nous devions réfléchir. Nous ne comparons pas à
la manière dont nous lisons les événements, les livres,
les personnes. Il est bon de réfléchir à tout cela
ensemble aux divers sens de la Bible.
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| 1.
Lire l'événement 2. L'exégèse historique 3. L'exégèse sociologique 4. L'exégèse psychologique |
5. La
lecture liturgique 6. Le texte polyvalent ? 7. Les divers sens de l'Ecriture |
8.
La linguistique actuelle 9. Le Lecteur de l'Ecriture 10. Critères de l'Ecriture : les mots, la Tradition, la lecture croyante |
| 1.
Lire l'événement Tout événement
peut être lu de différentes manières, d'après
les divers niveaux de réalité. Devant un accident routier,
le gendarme, l'ami, le passant, l'avocat auront un autre regard. Ces regards
souvent sont irréductibles l'un à l'autre mais ne s'excluent
pas nécessairement. Ils sont autres. Le médecin peut dire
d'un homme que l'analyse de son sang est bonne, que sa santé est
excellente, tandis que le dentiste peut lui trouver une dent cariée.
Ses enfants le voient comme un grand frère car il vient jouer avec
eux. Sa mère trouve qu'il travaille trop. Sa femme sait qu'il travaille
beaucoup afin de gagner un peu plus et payer sa maison. Ses amis du club
de tennis ou de judo en parlent encore différemment. C'est pourtant
le même homme... Ces avis ne sont pas contradictoires, ils sont complémentaires,
ils partent d'un point de vue différent. La parole elle-même peut être entendue de diverses manières, selon le ton de la voix, les circonstances, mais aussi selon le contexte de la phrase, la ponctuation dans le texte écrit... 2. L'exégèse historique Devant une page biblique,l'exégèse historique nous a appris à chercher le sens exact, le sens voulu par l'auteur, à comprendre à partir de son époque, de sa culture, de sa langue. Voici que des mouvements divers ont mis en cause une telle certitude. Les uns, avec simplicité, sans études exégétiques préalables, mais avec leur bagage intellectuel ou religieux disent : "Faut-il être savant pour lire la Bible ?". 3. L'exégèse sociologique D'autres, marqués par les analyses sociologiques, parlent d'une lecture matérialiste de la Bible. Ils cherchent et y découvrent les ressorts économiques des événements, les luttes et les tendances qui s'affrontèrent et dont les textes sont l'écho volontaire ou inconscient. D'autres encore parlent d'une analyse structurale et, usant d'une nouvelle algèbre, mettent les textes en formules et cherchent ce qui est central dans le texte écrit. 4. L'exégèse psychologique D'autres encore, formés à l'écoute psychologique, ne peuvent s'empêcher, en lisant les textes bibliques, de se poser des questions sur les personnages du texte. D'autres encore 'écoutent' les récits bibliques comme on écoute un récit, c'est-à-dire en découvrant peu à peu les ressorts, les suspens, la manière dont l'auteur réussit à intéresser et à parler entre les lignes, derrière les mots pour ainsi dire. Ils découvrent ainsi les réactions d'un lecteur ou d'un auditeur du récit à partir des moyens mis en oeuvre par le conteur biblique. 5. La lecture liturgique Vient alors la célébration liturgique, les rapprochements nouveaux ou traditionnels qui semblent obliger l'homélie dans un sens; lire un texte après une autre partie de la Bible fait jaillir des rapprochements, des comparaisons inattendues. Beaucoup d'autres lecteurs s'en tiennent à la lecture matérialiste de certaines sectes. D'autres partagent sur l'évangile et analysent les événements d'actualité. Nous trouvons encore des lectures actualisantes qui transposent le texte pour lui permettre de se faire entendre de nouveau, tout neuf et proche. |
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| 6.
Le texte polyvalent ? Autant de regards, autant de questions. Le texte serait-il polyvalent ? Le textes serait-il fou? Le sens serait-il pluriel ? N'y a-t-il pas des lectures plus valables les unes que les autres ? Ne manipule-t-on pas la Parole de Dieu ? Ces questions ne sont pas nouvelles. Elles sont de tous les temps. Je puis lire, et je lis d'ailleurs toujours, selon mon regard, mon intuition, mon interrogation. Un pasteur ne commente pas l'évangile de la même manière devant un public d'enfants ou une assemblée paroissiale du dimanche. Il y a deux dangers : soit de tirer le texte à soi, de le plier à mon idée; soit, aussi grave, de moraliser le message, de ne mettre en valeur qu'un seul aspect et de l'absolutiser, comme s'il n'avait que cela à dire, ce que j'ai trouvé. Depuis longtemps, la Bible a été lue de différentes manières : lecture scientifique, lecture allégorique ou morale, lecture de foi... Nous pourrions allonger la liste. |
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7.
Les divers sens de l'Ecriture Au 3e
siècle, Origène parle déjà clairement
de divers sens de l'Ecriture. Loin d'être un négateur
de la lettre du texte, de la réalité des événements,
il souhaite qu'on dépasse ce sens littéral, étant
donné que la réalité de l'histoire cache partout
des réalités spirituelles. Il nous livre plusieurs listes
des "sens" de l'Ecriture. Après un premier sens ouvert
aux débutants, d'autres plus profonds peuvent se révéler
à ceux qui sont plus avancés. Nous pouvons trouver par exemple
dans l'Ecriture d'abord et ordinairement un sens historique - c'est la
relation des faits -, puis un sens moral - c'est l'application qui en
est faite à l'âme; enfin un sens mystique ou relatif au Christ,
à l'Eglise et à toutes les réalités de la
foi. Déjà dans le Nouveau Testament et puis à travers
tous les siècles chrétiens, nous trouvons une interprétation
du Premier Testament, réalisée à la lumière
du Christ. Soeur Marie-Philippe Schùermans |
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