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Marie-Madeleine serait originaire
de Magdala, une ville de pêcheurs située sur les rives du
lac de Tibériade. Elle était parmi les femmes qui prirent
des aromates pour embaumer le corps de Jésus mais trouvèrent
la tombe vide (Mc 16,1 et suivants; Mt 28,1; Lc 23,56-24,3).
D'après Luc, Jésus l'aurait délivrée de sept
démons (Lc 8,2). L'évangile de Marc
nous donne la même information tout en ajoutant qu'elle a eu l'honneur
de la première apparition de Jésus, le matin de la résurrection
(Mc 16,9). Dans le quatrième évangile (Jn),
cette rencontre de Marie-Madeleine avec le Ressuscité est racontée
en détails (Jn 20,1-18). C'est cet épisode
que nous lirons maintenant.
Le
premier jour, de bon matin, alors qu'il faisait encore sombre, Marie-Madeleine
vient au tombeau et voit la pierre enlevée du tombeau. (Jn
20,1)
"La nuit je cherche celui que mon cur aime
Je vais
me lever
Je vais chercher celui que j'aime " (Ct
3,1-2)
Ce verset biblique (Ct
3,2) pourrait très bien exprimer l'attitude de Marie-Madeleine
le premier jour de la semaine. Le désir de la Bien-aimée
dont nous parle ce livre biblique, sa recherche incessante du Bien-aimé
rejoignent l'attitude de Marie-Madeleine dans le jardin où avait
été enseveli Jésus. Le passage de l'évangile
de Jean relatif à cet épisode reçoit même un
éclairage évocateur grâce à l'ensemble du Cantique
des Cantiques.
Selon
les évangiles synoptiques, le premier jour de la semaine, Marie
alla avec d'autres femmes embaumer le cadavre de Jésus. D'après
Jn, elle est seule et ne va pas vers la tombe avec cette intention-là.
Le quatrième évangile a déjà précisé
que ce geste a été accompli par Joseph d'Arimathée
et par Nicodème qui avait amené une grande quantité
de myrrhe et d'aloès pour accomplir les rites funéraires
après la descente de la croix (Jn 19,39s.).
Marie a donc une autre raison de se diriger vers la tombe où Jésus
a été enseveli. Laquelle ?
Elle
vient au tombeau, nous dit le narrateur, "de bon matin, alors
qu'il faisait encore sombre" (v.1). La
double précision temporelle "de bon matin" et
"il faisait encore sombre" est évidemment plus
qu'une indication chronologique. Si le narrateur voulait seulement préciser
l'heure à laquelle se déroule l'événement,
une des deux indications aurait suffi. Les deux mentions ont un sens symbolique
et chacune joue un rôle légèrement différent.
L'obscurité
"alors qu'il faisait encore sombre" pourrait faire référence
à l'absence de lumière provoquée par la disparition
de Jésus, non seulement parce qu'il est mort depuis le vendredi,
mais parce que Marie va découvrir qu'il n'est plus au tombeau.
L'évangéliste avait déjà informé ses
lecteurs de l'identité de Jésus : "Le Verbe était
la lumière" (Jn 1,9) "Je suis la
lumière du monde" (Jn 9,5). Jésus
étant la Lumière, tout éloignement de Jésus
fait entrer la personne dans les ténèbres. C'est le cas
de Judas qui, prenant le morceau de pain mais ne recevant pas l'amitié
de Jésus, était sorti du groupe réuni autour du Seigneur.
"Il faisait nuit" (Jn 13, 30) précisait
le narrateur pour montrer la situation dans laquelle se trouvait celui
qui partait livrer Jésus.
De
son côté, la mention "de bon matin" pourrait
indiquer l'amour de Marie pour Jésus. Elle n'attend pas. Elle ne
fait pas la grasse matinée. Elle se lève comme la Bien-aimée
du Cantique pour rencontrer son "Bien-aimé" -
même s'il est mort. Elle ne remet pas à plus tard la possibilité
d'aller voir ne serait-ce que sa dépouille.
En
réalité, il semble qu'elle ne cherche pas seulement le corps
de Jésus. Quand elle parle aux disciples, elle dit en effet : "Ils
ont enlevé le Seigneur" (Jn 20,2)
et non : "Ils ont enlevé le cadavre de Jésus".
Vraiment, elle ne part pas à la recherche d'un mort, elle parle
de Jésus comme s'il était vivant. Cependant, on ne peut
pas dire qu'elle croie déjà en la résurrection, puisqu'elle
va être surprise et ne saura pas reconnaître le vivant. Elle
n'a pas encore l'expérience de celui qui a été délié
des liens de la mort. Mais elle parle le langage de l'amour. Quoiqu'il
en soit, pour elle, Jésus est toujours le "Seigneur"
et elle le cherchera, malgré les obstacles qui pourraient s'opposer
à sa démarche, comme ceux que rencontre la Bien-aimée
du Cantique dans sa recherche amoureuse du Bien-aimé.
Elle
court donc et vient vers Simon Pierre et vers l'autre disciple que Jésus
aimait et leur dit : "Ils ont enlevé le Seigneur du tombeau
et nous ne savons pas où ils l'ont mis". [
] Or Marie
était restée dehors, près du tombeau, en train de
pleurer. Comme elle pleurait donc, elle se penche vers le tombeau et voit
deux anges en blanc, assis là où le corps de Jésus
avait été posé, un près de la tête et
l'autre près des pieds. "Femme, lui disent-ils, pourquoi pleures-tu?"
Elle leur répondit : "Ils ont enlevé mon Seigneur,
et je ne sais pas où ils l'ont mis" (Jn
20,2 et 11-13).
"Je le cherche mais ne le rencontre pas
" (Ct
3,2)
Le verset suivant du Cantique des
Cantiques nous permet de suivre le cheminement de Marie-Madeleine. Elle
cherche Jésus, mais ne le trouve pas. La vue du déplacement
anormal de la pierre qui fermait la tombe, fait penser à Marie
que celle-ci est vide. Elle ne prend pas le temps de regarder dedans.
Sa première réaction est d'aller avertir les disciples pour
leur annoncer la tragique nouvelle. Le Seigneur qu'elle cherchait n'est
plus là.
En s'adressant aux deux disciples, Simon-Pierre
et le Disciple Bien-aimé, deux grandes figures de l'Église
primitive, Marie-Madeleine parle au pluriel, comme si devant ces responsables,
elle exprimait une crainte et une douleur qui dépassait la dimension
d'un individu et touchait toute la communauté : "
nous
ne savons pas
". Les disciples réagissent en partant
aussitôt vers le sépulcre. Ils constateront eux-mêmes
que la tombe est bien vide et retourneront chez eux après avoir
vu les signes de la résurrection : les linges funéraires
qui entouraient le corps du Crucifié sont bien là, mais
le corps n'est plus dans le domaine de la mort. Cependant, Marie-Madeleine
ne va pas retourner chez elle. Elle reste dehors près du tombeau
à la recherche de celui qu'elle aime.
"Celui que j'aime, l'avez-vous vu ?" (Ct
3,3)
Comme
l'Aimée, elle exprime sa douleur devant l'absence. C'est alors
que des anges vont lui demander la raison de ses pleurs. Situés
l'un où se trouvait la tête et l'autre là où
reposaient les pieds de Jésus (Jn 20,12),
ils rappellent les deux chérubins qui étaient face à
face aux deux extrémités supérieures de l'Arche de
l'Alliance, d'où le Seigneur parlait à son peuple (voir
Ex 25,17-22). Mais pour Marie-Madeleine la présence des
anges n'est pas un signe, la seule chose importante c'est l'enlèvement
de son "Seigneur".
Elle va répondre à la
question posée par des termes semblables à ceux qu'elle
a déjà employés pour avertir Simon-Pierre et l'autre
disciple : le Seigneur a été enlevé et il y a une
méconnaissance de l'endroit où il a été mis.
La différence, c'est le passage du pluriel au singulier pour le
verbe "savoir". Quand elle s'adressait aux disciples, elle disait
"nous ne savons pas où ils l'ont mis", maintenant
elle dit "je ne sais pas
". D'autre part, si la
première fois elle disait "le Seigneur", aux anges, elle
va dire "mon Seigneur". Désormais la communauté
a été avertie et a vu le tombeau vide, par l'intermédiaire
des "deux témoins" nécessaires à
tout témoignage crédible (Dt 19,15). Marie-Madeleine
se détache alors du groupe pour exprimer une dimension personnelle.
La communauté est nécessaire, mais elle ne peut dispenser
d'une expérience propre. Le "Seigneur" est celui de tous
les disciples, mais il ne saura vraiment être le Seigneur de tous,
s'il n'est pas celui de chacun en particulier. L'amour demande une relation
personnelle. On ne peut pas être aimé, ni aimer par procuration
ni en bloc.
"Ils ont pris mon Seigneur,
dit Marie-Madeleine, et je ne sais pas où ils l'ont mis".
L'affirmation générale sur la disparition du Seigneur ne
lui a pas suffi. C'est la disparition de son Seigneur qui lui cause cette
peine et, au fond, elle est toujours à sa recherche, même
si elle ne sait pas où le chercher, car elle ne sait pas où
ils l'ont mis. Tandis que les autres disciples sont retournés chez
eux, elle est restée et va pouvoir rencontrer celui qu'elle aime.
Ayant
parlé, elle se retourne en arrière et elle voit Jésus
qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c'était Jésus.
Jésus lui dit : "Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu?"
Mais elle, pensant que c'était le jardinier, lui dit : "Seigneur,
si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et
moi, j'irai le prendre." (Jn 20,14-15)"
Je vous en supplie, filles de Jérusalem, si vous rencontrez
mon Bien-aimé, qu'allez-vous lui dire ? Que je suis malade d'amour"."Celui
que tu aimes, qu'a-t-il de plus qu'un autre ?" (Ct
5,8 et 9).
Jésus demande à
Marie-Madeleine non seulement pourquoi elle pleure, mais qui elle cherche.
Au début de sa vie publique, Jésus demanda aux deux disciples
qui le suivaient "Que cherchez-vous ?"
(Jn 1,38) À leur demande "Maître où
demeures-tu ?", Jésus leur avait répondu : "Venez
et voyez" les invitant à une expérience de vie
plutôt qu'à une théorie. Il pose maintenant une question
semblable, toutefois celle-ci ne porte pas sur le "Quoi ?",
mais sur le "Qui ?". Il pose la bonne question, car Marie-Madeleine
cherche quelqu'un et pas quelque chose. Cependant cette question a un
double sens. En effet, au-delà du premier sens "Quelle personne
est l'objet de ta recherche ? ", s'en trouve un autre de l'ordre
d'une remise en question de la quête de Marie-Madeleine. Qui cherche-t-elle
? Au fond, ne cherche-t-elle pas celui qu'elle a vu mourir sur la croix
(Jn 19,25), celui qu'"ils ont pris" et
qu'elle pourrait aller "prendre" à son tour si elle savait
où ils l'avaient "mis". Or, celui-là n'existe
plus. Car le mort n'est plus au tombeau. Le Crucifié est Ressuscité.
Il est vivant et on ne peut pas le chercher pour le "prendre"
ou "l'emporter". Elle ne trouvera jamais celui qu'elle veut
"enlever".
En écho avec le premier
chapitre de l'évangile se pose la question de la demeure de Jésus.
Où est-il ? Où demeure-t-il ? Sa demeure n'est pas au tombeau,
ni ailleurs dans un endroit déterminé où quelqu'un
l'aurait déposé et d'où elle pourrait le prendre.
Il est là près d'elle, vivant, et il " va monter
vers son Père et notre Père".
Elle ne le trouvera que ressuscité.
Elle ne le verra que dans la mesure où elle acceptera de ne pas
le " prendre " pour le laisser dans sa demeure auprès
du Père dans laquelle le croyant est invité à vivre
: "Moi, quand je serai élevé de terre, j'attirerai
tous à moi" (Jn 12, 32). La question
de Jésus "Qui cherches-tu ?" renvoie donc Marie-Madeleine
à une découverte du Ressuscité et à une demeure
sur laquelle elle ne peut avoir de mainmise. Elle nous introduit dans
une compréhension de la résurrection de Jésus. La
compréhension ne passera pas par une acquisition de preuves irréfutables,
mais par une rencontre.
Marie-Madeleine ne cherchait pas le
Seigneur ressuscité, car elle ne le connaissait pas. Le voyant,
elle ne le reconnaît pas. Le Seigneur la surprend. Pourtant le Ressuscité
est certainement le même que le Crucifié. Il n'a pas été
remplacé par un autre, il porte les marques de son supplice, qu'il
montrera à Thomas (Jn 20, 27). La résurrection
n'est pas un subterfuge. Cependant, Jésus est différent
de ce qu'elle attend. Elle le prend pour le gardien du jardin. Étrange
réaction de non reconnaissance que l'on retrouve avec des variantes
chez les disciples (voir, les disciples d'Emmaüs,
Lc 24, 15-17) ! Tous les évangiles nous parlent de la difficulté
à reconnaître le Ressuscité (voir le
n° 9 de notre revue, sur la Résurrection de Jésus).
C'est d'une certaine façon la difficulté de tout croyant
encore aujourd'hui. Il est lui-même, mais il est autre.
Il
lui dit : "Marie!". Elle, se retournant, lui dit en hébreu
: "Rabbouni!" - ce qui veut dire Maître - . Jésus
lui dit : "Ne me touche plus. Je ne suis pas encore monté
vers le Père. Va vers mes frères et dis-leur : 'Je monte
vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu'"
(Jn 20, 16-17).
"À peine les ai-je dépassés que j'ai rencontré
celui que j'aime" (Ct 3, 4).
Pour qu'ait lieu la rencontre
avec l'Aimé, un dépassement est nécessaire. Laisser
les autres - les sentinelles dans le Cantique des Cantiques - pour rencontrer
l'Aimé seul à seul. Le quatrième évangéliste
exprime cette dimension en terme de retournement ou de " conversion
", c'est-à-dire " se tourner vers ". Elle va laisser
les anges, la tombe et le " jardinier " pour se retrouver face
à Jésus. Elle passera des pleurs de l'absence (mentionnés
deux fois en Jn 20, 11, et une fois au verset 13 et à nouveau au
verset 15) à la reconnaissance d'une présence.
Pour comprendre le sens de ce
passage, il est important d'observer la position des personnages. Jésus
apparaît à Marie-Madeleine, mais pas devant elle. Marie est
orientée vers la tombe (Jn 20, 11), Jésus
se trouve derrière elle, c'est-à-dire à l'opposé
de la tombe. Marie se tourne et voit Jésus, qu'elle confond avec
le jardinier. Elle doit avoir encore une "conversion" pour être
vraiment face à Jésus. C'est ce qui se passe quand Jésus
se fait reconnaître : elle se tourne à nouveau ou plutôt
elle est " retournée " quand Jésus l'appelle par
son nom. Elle tourne le dos à la tombe et au "jardinier".
La vie est désormais devant elle, le domaine de la mort et du vide
derrière.
Quel élément permet
à Marie-Madeleine de reconnaître Jésus ? C'est le
nom propre "Marie!" connu et prononcé. Celui qui
permet d'établir une relation personnelle. Le Ressuscité
se présente comme le bon berger qui connaît ses brebis et
les appelle chacune par son nom (Jn 10, 3s. et 27).
Ce n'est pas seulement le son de la voix qui a permis d'identifier la
personne. Jésus venait de parler à Marie et elle l'avait
entendu, mais ne l'avait pas reconnu. Elle le reconnaît quand il
l'appelle par son nom. Ainsi dans les évangiles, les signes qui
permettent d'identifier Jésus ne sont pas physiques (couleur
des yeux, des cheveux, taille, chaleur de la voix ou autre), mais
ceux d'une relation personnelle : le nom propre qui ouvre le dialogue,
le partage du pain qui établit la communion (voir
Lc 24, 30-31).
"Rabbouni"
dit alors Marie à Jésus. Ce mot est traduit par "maître"
dans l'évangile, mais "Rabbouni" est en réalité
un diminutif de "Rabbi" et pourrait ajouter une nuance d'affection
ou de familiarité, (dit Xavier Léon-Dufour,
Lecture de l'Évangile selon Jean, t. 4, coll. Parole
de Dieu, Seuil, Paris 1996, p.221). Elle le reconnaît
comme son maître. Elle est devant lui comme une disciple à
qui Jésus va donner une mission.
L'impératif du Seigneur
à Marie-Madeleine n'est pas exactement : "Ne me touche pas",
mais plutôt : "Ne me touche plus", d'où la traduction
"Ne me retiens pas" proposée par la TOB. Jésus
invite Marie à avoir un autre type de relation avec lui. Elle voulait
aller "prendre" ou "emporter" le corps de son Seigneur.
Elle le découvre vivant. Il n'y a donc plus de "prise de possession"
possible. Vivant, il échappe à toute "mainmise".
Marie-Madeleine est envoyée dès lors comme première
"messagère" porteuse de la Bonne Nouvelle aux disciples,
appelés "frères" par Jésus.
Marie-Madeleine
vient annoncer aux disciples qu'elle a vu le Seigneur et les choses qu'il
lui avait dites (Jn 20, 18).
"Va, mon Bien-aimé, comme le cerf, comme le chevreuil sur
les montagnes" (Ct 8, 14).
Marie met immédiatement
en pratique la mission confiée par Jésus. Elle va annoncer
aux disciples qu'elle a vu le "Seigneur" et leur raconte ce
qu'il lui a dit (Jn 20, 18). Les disciples étaient
repartis avec la certitude de la tombe vide. Elle était restée
à la recherche de celui qu'elle aime et l'a rencontré vivant.
Elle retourne désormais vers la "fraternité" comme
un apôtre envoyé par Jésus lui-même avec l'annonce
de la vie et de la présence du Seigneur ressuscité. "La
rencontre avec le Christ ressuscité, dit Jean-Louis Ska, n'est
jamais un point d'arrivée, c'est toujours un point de départ"
(L'argile, la danse et le jardin, p.64).
"Ne me touche plus",
lui a dit Jésus. Les paroles du Seigneur ne faisaient référence
ni à une indifférence, ni à une séparation,
mais au respect de la distance qui permet à l'autre d'être
" autre " en communion et sans confusion. Elle ne l'a pas retenu.
Elle nous montre par sa recherche amoureuse et sa rencontre avec le Ressuscité
ce que nous disait d'une autre façon la Bien-aimée du Cantique
au terme d'une longue recherche : "Va, mon Bien-aimé
" (Ct 8, 14). Elle l'a compris et son annonce
aux disciples nous parle encore aujourd'hui d'un amour qui n'emprisonne
pas l'autre dans une possession manipulatrice le réduisant à
un objet. Il nous parle du sens de la résurrection : la victoire
sur les forces de la mort qui enchaînent la personne et l'empêchent
d'avoir une relation avec l'autre. Le cheminement de Marie-Madeleine nous
parle d'un amour vrai qui refuse d'avoir la mainmise sur la personne aimée,
mais ne cesse de désirer sa présence. Un amour, comme celui
du Cantique des Cantiques, fait de recherches et rencontres, proximité
et distance, étreintes et séparations, paroles échangées
et silences.
Bernadette
Escaffre
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