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Marie-Madeleine, recherche et rencontre
(Jn 20, 1-18)

Marie-Madeleine, ce nom a fait couler beaucoup d'encre mais nous ne savons pas toujours ce que représente cette femme à la la vie tumultueuse. Elle a aimé le Christ et est devenue sa messagère. Sa rencontre avec le Seigneur nous découvre la grandeur du pardon que Dieu accorde et le changement qu'il suscite dans la vie de quelqu'un. Bernadette Escaffre, dans cet article, nous introduit par la même occasion dans le Cantique des Cantiques, ce grand chant d'amour du Premier Testament.

 

      Marie-Madeleine serait originaire de Magdala, une ville de pêcheurs située sur les rives du lac de Tibériade. Elle était parmi les femmes qui prirent des aromates pour embaumer le corps de Jésus mais trouvèrent la tombe vide (Mc 16,1 et suivants; Mt 28,1; Lc 23,56-24,3). D'après Luc, Jésus l'aurait délivrée de sept démons (Lc 8,2). L'évangile de Marc nous donne la même information tout en ajoutant qu'elle a eu l'honneur de la première apparition de Jésus, le matin de la résurrection (Mc 16,9). Dans le quatrième évangile (Jn), cette rencontre de Marie-Madeleine avec le Ressuscité est racontée en détails (Jn 20,1-18). C'est cet épisode que nous lirons maintenant.

Le premier jour, de bon matin, alors qu'il faisait encore sombre, Marie-Madeleine vient au tombeau et voit la pierre enlevée du tombeau. (Jn 20,1)
"La nuit je cherche celui que mon cœur aime… Je vais me lever… Je vais chercher celui que j'aime " (Ct 3,1-2)

      Ce verset biblique (Ct 3,2) pourrait très bien exprimer l'attitude de Marie-Madeleine le premier jour de la semaine. Le désir de la Bien-aimée dont nous parle ce livre biblique, sa recherche incessante du Bien-aimé rejoignent l'attitude de Marie-Madeleine dans le jardin où avait été enseveli Jésus. Le passage de l'évangile de Jean relatif à cet épisode reçoit même un éclairage évocateur grâce à l'ensemble du Cantique des Cantiques.
      Selon les évangiles synoptiques, le premier jour de la semaine, Marie alla avec d'autres femmes embaumer le cadavre de Jésus. D'après Jn, elle est seule et ne va pas vers la tombe avec cette intention-là. Le quatrième évangile a déjà précisé que ce geste a été accompli par Joseph d'Arimathée et par Nicodème qui avait amené une grande quantité de myrrhe et d'aloès pour accomplir les rites funéraires après la descente de la croix (Jn 19,39s.). Marie a donc une autre raison de se diriger vers la tombe où Jésus a été enseveli. Laquelle ?
      Elle vient au tombeau, nous dit le narrateur, "de bon matin, alors qu'il faisait encore sombre" (v.1). La double précision temporelle "de bon matin" et "il faisait encore sombre" est évidemment plus qu'une indication chronologique. Si le narrateur voulait seulement préciser l'heure à laquelle se déroule l'événement, une des deux indications aurait suffi. Les deux mentions ont un sens symbolique et chacune joue un rôle légèrement différent.
     L'obscurité "alors qu'il faisait encore sombre" pourrait faire référence à l'absence de lumière provoquée par la disparition de Jésus, non seulement parce qu'il est mort depuis le vendredi, mais parce que Marie va découvrir qu'il n'est plus au tombeau. L'évangéliste avait déjà informé ses lecteurs de l'identité de Jésus : "Le Verbe était la lumière" (Jn 1,9) "Je suis la lumière du monde" (Jn 9,5). Jésus étant la Lumière, tout éloignement de Jésus fait entrer la personne dans les ténèbres. C'est le cas de Judas qui, prenant le morceau de pain mais ne recevant pas l'amitié de Jésus, était sorti du groupe réuni autour du Seigneur. "Il faisait nuit" (Jn 13, 30) précisait le narrateur pour montrer la situation dans laquelle se trouvait celui qui partait livrer Jésus.
      De son côté, la mention "de bon matin" pourrait indiquer l'amour de Marie pour Jésus. Elle n'attend pas. Elle ne fait pas la grasse matinée. Elle se lève comme la Bien-aimée du Cantique pour rencontrer son "Bien-aimé" - même s'il est mort. Elle ne remet pas à plus tard la possibilité d'aller voir ne serait-ce que sa dépouille.
      En réalité, il semble qu'elle ne cherche pas seulement le corps de Jésus. Quand elle parle aux disciples, elle dit en effet : "Ils ont enlevé le Seigneur" (Jn 20,2) et non : "Ils ont enlevé le cadavre de Jésus". Vraiment, elle ne part pas à la recherche d'un mort, elle parle de Jésus comme s'il était vivant. Cependant, on ne peut pas dire qu'elle croie déjà en la résurrection, puisqu'elle va être surprise et ne saura pas reconnaître le vivant. Elle n'a pas encore l'expérience de celui qui a été délié des liens de la mort. Mais elle parle le langage de l'amour. Quoiqu'il en soit, pour elle, Jésus est toujours le "Seigneur" et elle le cherchera, malgré les obstacles qui pourraient s'opposer à sa démarche, comme ceux que rencontre la Bien-aimée du Cantique dans sa recherche amoureuse du Bien-aimé.

Elle court donc et vient vers Simon Pierre et vers l'autre disciple que Jésus aimait et leur dit : "Ils ont enlevé le Seigneur du tombeau et nous ne savons pas où ils l'ont mis". […] Or Marie était restée dehors, près du tombeau, en train de pleurer. Comme elle pleurait donc, elle se penche vers le tombeau et voit deux anges en blanc, assis là où le corps de Jésus avait été posé, un près de la tête et l'autre près des pieds. "Femme, lui disent-ils, pourquoi pleures-tu?" Elle leur répondit : "Ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où ils l'ont mis" (Jn 20,2 et 11-13).
"Je le cherche mais ne le rencontre pas…" (Ct 3,2)

      Le verset suivant du Cantique des Cantiques nous permet de suivre le cheminement de Marie-Madeleine. Elle cherche Jésus, mais ne le trouve pas. La vue du déplacement anormal de la pierre qui fermait la tombe, fait penser à Marie que celle-ci est vide. Elle ne prend pas le temps de regarder dedans. Sa première réaction est d'aller avertir les disciples pour leur annoncer la tragique nouvelle. Le Seigneur qu'elle cherchait n'est plus là.
     En s'adressant aux deux disciples, Simon-Pierre et le Disciple Bien-aimé, deux grandes figures de l'Église primitive, Marie-Madeleine parle au pluriel, comme si devant ces responsables, elle exprimait une crainte et une douleur qui dépassait la dimension d'un individu et touchait toute la communauté : "…nous ne savons pas…". Les disciples réagissent en partant aussitôt vers le sépulcre. Ils constateront eux-mêmes que la tombe est bien vide et retourneront chez eux après avoir vu les signes de la résurrection : les linges funéraires qui entouraient le corps du Crucifié sont bien là, mais le corps n'est plus dans le domaine de la mort. Cependant, Marie-Madeleine ne va pas retourner chez elle. Elle reste dehors près du tombeau à la recherche de celui qu'elle aime.
"Celui que j'aime, l'avez-vous vu ?" (Ct 3,3)
      Comme l'Aimée, elle exprime sa douleur devant l'absence. C'est alors que des anges vont lui demander la raison de ses pleurs. Situés l'un où se trouvait la tête et l'autre là où reposaient les pieds de Jésus (Jn 20,12), ils rappellent les deux chérubins qui étaient face à face aux deux extrémités supérieures de l'Arche de l'Alliance, d'où le Seigneur parlait à son peuple (voir Ex 25,17-22). Mais pour Marie-Madeleine la présence des anges n'est pas un signe, la seule chose importante c'est l'enlèvement de son "Seigneur".
      Elle va répondre à la question posée par des termes semblables à ceux qu'elle a déjà employés pour avertir Simon-Pierre et l'autre disciple : le Seigneur a été enlevé et il y a une méconnaissance de l'endroit où il a été mis. La différence, c'est le passage du pluriel au singulier pour le verbe "savoir". Quand elle s'adressait aux disciples, elle disait "nous ne savons pas où ils l'ont mis", maintenant elle dit "je ne sais pas…". D'autre part, si la première fois elle disait "le Seigneur", aux anges, elle va dire "mon Seigneur". Désormais la communauté a été avertie et a vu le tombeau vide, par l'intermédiaire des "deux témoins" nécessaires à tout témoignage crédible (Dt 19,15). Marie-Madeleine se détache alors du groupe pour exprimer une dimension personnelle. La communauté est nécessaire, mais elle ne peut dispenser d'une expérience propre. Le "Seigneur" est celui de tous les disciples, mais il ne saura vraiment être le Seigneur de tous, s'il n'est pas celui de chacun en particulier. L'amour demande une relation personnelle. On ne peut pas être aimé, ni aimer par procuration ni en bloc.
      "Ils ont pris mon Seigneur, dit Marie-Madeleine, et je ne sais pas où ils l'ont mis". L'affirmation générale sur la disparition du Seigneur ne lui a pas suffi. C'est la disparition de son Seigneur qui lui cause cette peine et, au fond, elle est toujours à sa recherche, même si elle ne sait pas où le chercher, car elle ne sait pas où ils l'ont mis. Tandis que les autres disciples sont retournés chez eux, elle est restée et va pouvoir rencontrer celui qu'elle aime.

Ayant parlé, elle se retourne en arrière et elle voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c'était Jésus. Jésus lui dit : "Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu?" Mais elle, pensant que c'était le jardinier, lui dit : "Seigneur, si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et moi, j'irai le prendre." (Jn 20,14-15)"
Je vous en supplie, filles de Jérusalem, si vous rencontrez mon Bien-aimé, qu'allez-vous lui dire ? Que je suis malade d'amour"."Celui que tu aimes, qu'a-t-il de plus qu'un autre ?" (Ct 5,8 et 9).

       Jésus demande à Marie-Madeleine non seulement pourquoi elle pleure, mais qui elle cherche. Au début de sa vie publique, Jésus demanda aux deux disciples qui le suivaient "Que cherchez-vous ?" (Jn 1,38) À leur demande "Maître où demeures-tu ?", Jésus leur avait répondu : "Venez et voyez" les invitant à une expérience de vie plutôt qu'à une théorie. Il pose maintenant une question semblable, toutefois celle-ci ne porte pas sur le "Quoi ?", mais sur le "Qui ?". Il pose la bonne question, car Marie-Madeleine cherche quelqu'un et pas quelque chose. Cependant cette question a un double sens. En effet, au-delà du premier sens "Quelle personne est l'objet de ta recherche ? ", s'en trouve un autre de l'ordre d'une remise en question de la quête de Marie-Madeleine. Qui cherche-t-elle ? Au fond, ne cherche-t-elle pas celui qu'elle a vu mourir sur la croix (Jn 19,25), celui qu'"ils ont pris" et qu'elle pourrait aller "prendre" à son tour si elle savait où ils l'avaient "mis". Or, celui-là n'existe plus. Car le mort n'est plus au tombeau. Le Crucifié est Ressuscité. Il est vivant et on ne peut pas le chercher pour le "prendre" ou "l'emporter". Elle ne trouvera jamais celui qu'elle veut "enlever".
       En écho avec le premier chapitre de l'évangile se pose la question de la demeure de Jésus. Où est-il ? Où demeure-t-il ? Sa demeure n'est pas au tombeau, ni ailleurs dans un endroit déterminé où quelqu'un l'aurait déposé et d'où elle pourrait le prendre. Il est là près d'elle, vivant, et il " va monter vers son Père et notre Père".      
     Elle ne le trouvera que ressuscité. Elle ne le verra que dans la mesure où elle acceptera de ne pas le " prendre " pour le laisser dans sa demeure auprès du Père dans laquelle le croyant est invité à vivre : "Moi, quand je serai élevé de terre, j'attirerai tous à moi" (Jn 12, 32). La question de Jésus "Qui cherches-tu ?" renvoie donc Marie-Madeleine à une découverte du Ressuscité et à une demeure sur laquelle elle ne peut avoir de mainmise. Elle nous introduit dans une compréhension de la résurrection de Jésus. La compréhension ne passera pas par une acquisition de preuves irréfutables, mais par une rencontre.
      Marie-Madeleine ne cherchait pas le Seigneur ressuscité, car elle ne le connaissait pas. Le voyant, elle ne le reconnaît pas. Le Seigneur la surprend. Pourtant le Ressuscité est certainement le même que le Crucifié. Il n'a pas été remplacé par un autre, il porte les marques de son supplice, qu'il montrera à Thomas (Jn 20, 27). La résurrection n'est pas un subterfuge. Cependant, Jésus est différent de ce qu'elle attend. Elle le prend pour le gardien du jardin. Étrange réaction de non reconnaissance que l'on retrouve avec des variantes chez les disciples (voir, les disciples d'Emmaüs, Lc 24, 15-17) ! Tous les évangiles nous parlent de la difficulté à reconnaître le Ressuscité (voir le n° 9 de notre revue, sur la Résurrection de Jésus). C'est d'une certaine façon la difficulté de tout croyant encore aujourd'hui. Il est lui-même, mais il est autre.

Il lui dit : "Marie!". Elle, se retournant, lui dit en hébreu : "Rabbouni!" - ce qui veut dire Maître - . Jésus lui dit : "Ne me touche plus. Je ne suis pas encore monté vers le Père. Va vers mes frères et dis-leur : 'Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu'" (Jn 20, 16-17).
"À peine les ai-je dépassés que j'ai rencontré celui que j'aime" (Ct 3, 4).

       Pour qu'ait lieu la rencontre avec l'Aimé, un dépassement est nécessaire. Laisser les autres - les sentinelles dans le Cantique des Cantiques - pour rencontrer l'Aimé seul à seul. Le quatrième évangéliste exprime cette dimension en terme de retournement ou de " conversion ", c'est-à-dire " se tourner vers ". Elle va laisser les anges, la tombe et le " jardinier " pour se retrouver face à Jésus. Elle passera des pleurs de l'absence (mentionnés deux fois en Jn 20, 11, et une fois au verset 13 et à nouveau au verset 15) à la reconnaissance d'une présence.
       Pour comprendre le sens de ce passage, il est important d'observer la position des personnages. Jésus apparaît à Marie-Madeleine, mais pas devant elle. Marie est orientée vers la tombe (Jn 20, 11), Jésus se trouve derrière elle, c'est-à-dire à l'opposé de la tombe. Marie se tourne et voit Jésus, qu'elle confond avec le jardinier. Elle doit avoir encore une "conversion" pour être vraiment face à Jésus. C'est ce qui se passe quand Jésus se fait reconnaître : elle se tourne à nouveau ou plutôt elle est " retournée " quand Jésus l'appelle par son nom. Elle tourne le dos à la tombe et au "jardinier". La vie est désormais devant elle, le domaine de la mort et du vide derrière.
       Quel élément permet à Marie-Madeleine de reconnaître Jésus ? C'est le nom propre "Marie!" connu et prononcé. Celui qui permet d'établir une relation personnelle. Le Ressuscité se présente comme le bon berger qui connaît ses brebis et les appelle chacune par son nom (Jn 10, 3s. et 27). Ce n'est pas seulement le son de la voix qui a permis d'identifier la personne. Jésus venait de parler à Marie et elle l'avait entendu, mais ne l'avait pas reconnu. Elle le reconnaît quand il l'appelle par son nom. Ainsi dans les évangiles, les signes qui permettent d'identifier Jésus ne sont pas physiques (couleur des yeux, des cheveux, taille, chaleur de la voix ou autre), mais ceux d'une relation personnelle : le nom propre qui ouvre le dialogue, le partage du pain qui établit la communion (voir Lc 24, 30-31).
       "Rabbouni" dit alors Marie à Jésus. Ce mot est traduit par "maître" dans l'évangile, mais "Rabbouni" est en réalité un diminutif de "Rabbi" et pourrait ajouter une nuance d'affection ou de familiarité, (dit Xavier Léon-Dufour, Lecture de l'Évangile selon Jean, t. 4, coll. Parole de Dieu, Seuil, Paris 1996, p.221). Elle le reconnaît comme son maître. Elle est devant lui comme une disciple à qui Jésus va donner une mission.
       L'impératif du Seigneur à Marie-Madeleine n'est pas exactement : "Ne me touche pas", mais plutôt : "Ne me touche plus", d'où la traduction "Ne me retiens pas" proposée par la TOB. Jésus invite Marie à avoir un autre type de relation avec lui. Elle voulait aller "prendre" ou "emporter" le corps de son Seigneur. Elle le découvre vivant. Il n'y a donc plus de "prise de possession" possible. Vivant, il échappe à toute "mainmise". Marie-Madeleine est envoyée dès lors comme première "messagère" porteuse de la Bonne Nouvelle aux disciples, appelés "frères" par Jésus.

Marie-Madeleine vient annoncer aux disciples qu'elle a vu le Seigneur et les choses qu'il lui avait dites (Jn 20, 18).
"Va, mon Bien-aimé, comme le cerf, comme le chevreuil sur les montagnes" (Ct 8, 14).

       Marie met immédiatement en pratique la mission confiée par Jésus. Elle va annoncer aux disciples qu'elle a vu le "Seigneur" et leur raconte ce qu'il lui a dit (Jn 20, 18). Les disciples étaient repartis avec la certitude de la tombe vide. Elle était restée à la recherche de celui qu'elle aime et l'a rencontré vivant. Elle retourne désormais vers la "fraternité" comme un apôtre envoyé par Jésus lui-même avec l'annonce de la vie et de la présence du Seigneur ressuscité. "La rencontre avec le Christ ressuscité, dit Jean-Louis Ska, n'est jamais un point d'arrivée, c'est toujours un point de départ" (L'argile, la danse et le jardin, p.64).
      "Ne me touche plus", lui a dit Jésus. Les paroles du Seigneur ne faisaient référence ni à une indifférence, ni à une séparation, mais au respect de la distance qui permet à l'autre d'être " autre " en communion et sans confusion. Elle ne l'a pas retenu. Elle nous montre par sa recherche amoureuse et sa rencontre avec le Ressuscité ce que nous disait d'une autre façon la Bien-aimée du Cantique au terme d'une longue recherche : "Va, mon Bien-aimé… " (Ct 8, 14). Elle l'a compris et son annonce aux disciples nous parle encore aujourd'hui d'un amour qui n'emprisonne pas l'autre dans une possession manipulatrice le réduisant à un objet. Il nous parle du sens de la résurrection : la victoire sur les forces de la mort qui enchaînent la personne et l'empêchent d'avoir une relation avec l'autre. Le cheminement de Marie-Madeleine nous parle d'un amour vrai qui refuse d'avoir la mainmise sur la personne aimée, mais ne cesse de désirer sa présence. Un amour, comme celui du Cantique des Cantiques, fait de recherches et rencontres, proximité et distance, étreintes et séparations, paroles échangées et silences.

Bernadette Escaffre