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1.
Introduction :
L'espérance n'est pas une théorie.
C'est une pratique, une expérience, un vécu. Une réalité
aussi : déjà venue, vécue encore et cependant toujours
à venir. L'espérance s'expérimente. Lytta Basset,
théologienne protestante, l'exprime ainsi : "L'espérance
ne s'inocule pas. Ce serait prétendre la posséder et être
capable d'inculquer à autrui des raisons d'espérer. Or l'expérience
le montre; les raisons d'espérer ne suffisent pas à enfanter
l'espérance. Il y faut autre chose
" Cette autre chose,
ce sont, je crois, des gestes, du concret. Est espérance ce qui
me fait, ce qui nous fait espérer. Il n'y a pas d'absolu de l'espérance,
mais une praxis, une pratique. C'est ce que montrent les textes bibliques
: les textes eux-mêmes expriment une expérience et un vécu.
Si on enlève l'espérance de la Bible
il n'y a plus
de Bible! De même aussi pour la foi, de même pour l'Amour.
Aussi je vous propose un petit parcours biblique aussi subjectif que partiel
à travers quelques-uns de ces gestes concrets d'espérance.
A chaque lecteur de prolonger lui-même son propre parcours, à
l'écoute d'autres textes, d'autres témoignages. A partir
de ces "histoires" et de ces événements, chacun,
chacune pourra être stimulé, s'il le veut, à se donner
alors quelques bases, quelques repères d'espérance.
Commençons par le "commencement".
2.
"Au commencement"
l'espérance! (Gn)
"L'espérance est une force.
Il y a dans le monde autant d'énergie qu'il y a d'espérance.
Que quelques hommes espèrent ensemble, et leur espérance
agira comme une force que rien ne pourra abattre, mais qui se répandra
sur les autres". (Albert Schweizter)
Souvent, en lisant la Genèse,
nous pensons que ce livre répond à la question du "pourquoi
le mal?". Et si la Genèse essayait de nous faire réfléchir
aussi au "pourquoi et comment le bien ?". N'est-ce pas là
en effet le mouvement du texte : il part de la réalité,
- telle que nous la vivons si souvent! et que la Genèse dénomme
'tohu-bohu' (Gn 1,2) - et il va vers la lumière,
vers un 'jardin' (Gn 2,8), vers une création
ordonnée où sont maîtrisées les "forces
des ténèbres". "Vous dominerez sur les bêtes
des champs
" (Gn 1,30). D'emblée,
si la Genèse voit bien entendu toute l'initiative de création
nouvelle dans les mains de Dieu, elle a aussi cette particularité
de mettre l'Humain au centre de l'univers comme des préoccupations
: le Dieu de la Bible est le Dieu 'humain' des Humains. "Dieu
créa l'Humain à son image, à sa ressemblance, il
les créa, homme et femme il les créa
Et Dieu vit que
cela est très bon" (Gn 1,27.31).
L'Humain n'est pas seul ni livré à la dérive.
Ce qu'il est important de savoir ici
c'est que la Genèse a été composée, dans sa
rédaction finale, après l'exil, bien après que ce
petit peuple d'Israël ait eu à affronter quantités
d'épreuves et d'obstacles : esclavage, injustices, exodes, exploitations,
persécutions
L'écrivain biblique - malgré tout
et dès le premier mot - confesse que tout encore reste ouvert,
possible. Il y a moyen de vivre sans être terrassé ni écrasé
par le passé : si le passé "colle à la peau",
il y a moyen - malgré tout - d'affronter l'avenir, de renaître,
de recommencer.
Pour que tout recommence, Dieu donne
à l'Humain d'enfanter
. D'emblée, c'est un message
d'espoir en ouverture de la Torah, la nouvelle que le peuple doit transmettre
à ses enfants. C'est une sorte de clé de lecture pour toute
la Bible : la vie - malgré les drames - peut reprendre, la vie
reprend malgré les errements d'Adam et Eve, malgré le meurtre
d'Abel par Caïn, malgré l'obstacle de la stérilité
pour Sarah et Abraham, malgré l'impasse du sacrifice d'Isaac, malgré
les rivalités entre Joseph et ses frères
: ne désespérez
ni de l'Humain, ni de la vie
ni de Dieu. Voilà ce que nous
disent ces récits. "Je suis Joseph votre frère,
moi que vous avez vendu en Egypte. Mais ne vous affligez pas et ne soyez
pas tourmentés de m'avoir vendu. C'est Dieu qui m'a envoyé
avant vous pour vous conserver la vie
" (Gn
45,4-5). Voilà ce que dit la Bible dès le commencement.
Bien sûr, le monde n'est jamais définitivement sorti du 'tohu-bohu',
et souvent même il y retourne
! Obscurités, obscurantismes
ne sont pas toujours vaincus, mais ils n'ont pas le dernier mot.
3.
L'Espérance quand tout va mal, un geste fou! (Jr
32)
"C'est la nuit qu'il est beau
de croire à la lumière" fait dire Edmond Rostand à
Cyrano de Bergerac, personnage pathétique.
A quoi s'accrocher, se raccrocher,
quand tout s'écroule autour de nous ? A qui, à quoi se fier
quand le navire, tout entier, coule de toute parts et quand la société
toute entière est en crise ? C'est la question que porte, dans
sa chair, le prophète Jérémie.
Son peuple connaît la décadence,
la soumission à une autre nation, l'abomination même lorsqu'un
roi juif, Amon, jette dans les flammes les rouleaux des promesses de Dieu.
Puis viendra la déportation, l'exil... et Jérémie
de continuer à clamer qu'un jour nouveau se lèvera! Qui
pourrait le croire et le prendre au sérieux ? Jérémie,
pour prouver qu'il y croit à ce jour nouveau, achète un
champ à Anatot (Jr 32,7ss). Au moment où
ce défi est lancé, Jérémie est en prison,
Jérusalem est assiégée par l'ennemi babylonien, le
peuple est dans une situation ultime. Jérémie croit à
l'espérance, il accepte l'offre d'un cousin "Et je compris
que c'était une parole du Seigneur!" (Jr
32,8): celui-ci possède un champ occupé par l'ennemi.
Jérémie se dit : achète-le pour prouver que tu crois
que la destruction ne sera pas totale! Montre-le, fais confiance à
Dieu, pose un geste fou, achète ce champ et au prix fort! (17
sicles, somme équivalente à environ deux mois de travail!).
Jérémie achète ce champ pour montrer que si la situation
est sombre, dramatique, mais, justement, reste l'espoir. Acheter ce champ,
il y a 2.600 ans, très loin d'ici, dans de telles conditions, et
aujourd'hui on en reparle encore! La Bible est bien témoignage
de ce que la foi, l'espérance, peut être la voie qui sauve
du désespoir, de la déroute. La Bible nous est transmise
pour nous inciter à "oser", oser semer et planter des
gestes signes d'espérance, oser parsemer notre existence des graines
d'espoir.
Que faire si la fin du monde est pour
demain ? Martin Luther répond qu'il planterait un arbre ! A certains
moments, quand plus rien ne va, il reste l'espérance pour donner
à croire qu'un geste fou pourrait - malgré tout - relancer
les choses. Achète ce champ!
4.
"La promesse de Dieu", c'est le fondement de l'espérance
des humains (Osée 2)
"Une foi sans espoir est malade.
Il n'y a pas de honte à espérer sans fin. Pourquoi devrions-nous
avoir honte de notre espérance ? Ce n'est pas de nos espérances
qu'un jour il faudra avoir honte, mais de notre misérable et craintif
manque d'espoir, qui ne fait pas confiance à Dieu, qui - par fausse
humilité - ne saisit pas les promesses, qui se résigne,
et ne sait pas se réjouir de sa puissance éternelle et de
sa souveraineté. Espérez donc! L'espérance ne trompe
pas. Plus un homme ose espérer, plus il grandit avec son espérance".
(Dietrich Bonhoeffer)
Le peuple d'Israël est tombé
bien bas du temps d'Osée : le peuple s'adonne à la "prostitution",
comme dit le prophète, c'est-à-dire aux faux dieux. Il collabore
même avec les représentants de la trahison. Alors, comme
signe, Dieu demande à Osée de se marier avec une prostituée
(Osée 1,2). C'est dans cette situation extrême
de dénuement, d'infidélité, de pertes de valeurs,
que Dieu s'adresse à son peuple et le lance dans la sinistre vallée
d'Akor, qu'il décrit comme la "porte d'espérance".
"Je ferai de la vallée d'Akor une porte d'espérance"
(Osée 2,12).
De quoi est-il question ici ? La vallée
d'Akor est une vallée qui part de Jéricho et qui monte vers
Aï, première ville que les Israélites, conduits par
Josué, ont pris dans le pays de Canaan (Josué
ch. 7). C'est une vallée qui part de la plaine fertile,
riche, et qui monte vers la montagne, rude et pleine de dangers. Il y
a plus de 1.000 m de dénivellation dans ce paysage hostile. Et
Dieu parle d'espérance, en demandant de quitter cette plaine arrosée
pour aller s'engouffrer dans le boyau de la mort! Cette vallée
a effectivement une sinistre réputation, déjà son
nom l'indique : Akor signifie oppression, malédiction, malheur.
Dès les premiers lacets, un tas de pierres rappelle de cruels souvenirs.
On sait que sous ces pierres il y a le corps d'un homme, Akan. Akan a
pris dans le butin interdit une belle tunique, deux cent sicles d'argent
et un lingot d'or de 50 sicles. Ce péché causa une défaite
aux Israélites face aux gens d'Aï. Aussi Akan fut-il mis à
mort pour que le peuple puisse arriver jusqu'aux plateaux de Canaan.
Quitter la plaine fertile et passer
par un chemin de malheur pour découvrir l'espérance ! Paradoxe
ou foi ? Car la foi est de cet ordre : oser quitter une plaine et passer
(affronter?) la vue d'un tas de pierres qui rappelle
un cadavre. Une lecture spirituelle de ce texte y verra aussi un chemin
de foi qui passe par un chemin de croix : comme chrétien aussi,
au départ de notre marche vers la vie et la lumière, il
y a un cadavre, le corps de Jésus mort sur la croix. L'espérance
de Pâques, c'est croire que de cette mort a jailli la vie, l'espoir.
Que cette mort n'a pas été comme celle d'Akan un signe de
malédiction, mais au contraire un signe de bénédiction,
celle de l'amour qui a été jusqu'au bout.
Pâques, relecture de tant de
textes de la Bible, parabole de tant d'événements de vie,
relecture de l'expérience d'Osée 2 et de Josué 7
(même nom que Jésus) qui mène
à la vie. Nos chemins de vie ne montent pas vers l'absurde, vers
la mort, mais vers une porte d'espérance. Ce qui était jadis
lieu de désolation et de malheur, Dieu promet d'en faire pour aujourd'hui
et pour demain, un lieu de combat, une porte d'espoir, d'espérance.
Pour nous approcher de Pâques, il faut savoir que le terme en hébreu
n'indique pas tellement une "porte" (qui peut
s'ouvrir et se refermer), mais bien plutôt une ouverture,
une issue, une percée d'espérance. La foi chrétienne,
c'est Pâques qui ose franchir et affronter le cap du Vendredi Saint.
Au bout du chemin, une promesse : "Je ferai pour mon peuple une
alliance avec les vivants
Je supprimerai dans le pays l'arc, l'épée,
les armes de guerre. Je permettrai aux habitants de dormir tranquillement.
Israël, tu seras ma fiancée
" (Osée
2,20-25). Promesse! Le Dieu de la Bible est Dieu des promesses,
réalité tellement essentielle pour nos vies. Vivre sans
promesse, on ne le pourrait pas.
5. "L'époux tarde à venir
"
(Mt 25,1-13)
"La nuit n'est jamais complète.
Il y a toujours, puisque je le dis, puisque je l'affirme, au bout du chagrin
une fenêtre ouverte, une fenêtre éclairée. Il
y a toujours un rêve qui veille, un désir à combler,
une faim à satisfaire, un cur généreux, une
main tendue, une main ouverte, des yeux attentifs, une vie à se
partager". (Paul Eluard)
La parabole de Matthieu, c'est une
histoire où tout le monde dort parce que l'époux tarde!
C'est l'anomalie capitale de ce récit (point commun
aux autres paraboles Mt 24,48; 25,19). La non prévoyance
des femmes n'est qu'une conséquence de l'arrivée tardive
de l'époux. Habituellement un époux, heureux de se marier,
n'arrive pas avec cinq ou six heures de retard à ses propres noces!
Dans notre récit, il arrive à minuit! Minuit, c'est l'heure
où la future mariée n'attend plus et pense qu'il est désormais
trop tard, qu'il ne viendra plus! Une parabole encore pour nous encourager
à partir de nos propres expériences : le sommeil, le découragement
gagnent tout le monde, c'est humain, normal. Se décourager arrive
même aux plus optimistes. Le texte nous dit que c'est souvent à
l'heure du découragement et du désespoir que le Christ surgit
encore, que l'espérance peut poindre justement quand on ne l'attendait
plus. Croire qu'aux heures mêmes les plus sombres, un renouvellement,
un recommencement restent possibles. Croire
même quand on
n'y croit plus. Etre "sage", c'est prévoir l'impossible,
faire face à l'imprévisible. Etre "sage", c'est
oser être fou. Espérer, c'est croire malgré les apparences,
malgré les évidences.
6. "Lève-toi et marche" (Mc
2,2-12).
L'épisode est connu : c'est le toit
traversé par les amis du paralysé afin de le descendre jusqu'à
Jésus. Osons une lecture spirituelle en voyant en ce texte plus
une parabole qu'un miracle, une parabole qui dirait que Dieu est Celui
qui pratique des ouvertures depuis le haut! Essayons de voir le tableau.
La maison est pleine, il n'y plus de place, on étouffe, on meurt
"à l'intérieur de ce ventre". Grâce à
une ouverture pratiquée par le haut, un paralytique va se trouver
face au Christ, qui le "relève" (le
même mot que "ressuscite"), marche et sort "du
ventre d'une femme" pour naître à une vie nouvelle.
L'évangéliste Marc raconte, compose un récit pour
dire sa foi, son espérance, pour dire avec des mots ce qu'il est
presque impossible de dire en vérité : dans ce monde fermé,
bouclé, bouché, Dieu ne cesse de pratiquer des ouvertures,
de travailler à la création nouvelle, renouvelée.
Le tableau peut aussi faire penser
à la mise du Christ au tombeau : Christ est descendu, arrive dans
un lieu de mort et d'étouffement. Mais il est descendu par le haut,
image de l'ouverture du toit qui reprend celle de l'ouverture des Cieux
de la Genèse, au-dessus de Jacob ou au-dessus du Christ au baptême,
pour que naisse la vie. L'homme sort de la maison, il peut alors nous
renvoyer à la vision du tombeau ouvert (le grec
parle bien d'un tombeau 'ouvert' et non 'vide', non vide de sens, vide
de tout!)
Le tombeau est ouvert, Marc, comme
Osée, comme Josué, raconte Pâques, raconte pour dire
son espérance, pour dire qu'il croit que Dieu ouvre des passages
de vie où nous croyons tomber sur des obstacles de mort. Une parabole
et un miracle, le miracle de l'espérance.
7.
"Emmaüs ou au bord du lac" ou chez nous
(Lc
24,13-35; Jn 21,1-14)
"Par une espérance pratique et un renouvellement créateur,
l'espérance chrétienne met en question la réalité
existante : elle est ainsi au service de celle qui vient" (Jürgen
Moltmann)
Sur le chemin d'Emmaüs, l'histoire de deux hommes qui avaient pratiquement
perdu toute espérance, qui n'y croyaient plus :"Nous espérions
(au passé!) qu'il était celui qui
".
Maintenant, ils n'espèrent plus. Pour eux, comment retrouver la
foi, l'espérance, le dynamisme ? Le texte répond : par l'écoute
et par la pratique. Par l'écoute tout d'abord : ces hommes ont
eu la chance de croiser quelqu'un qui les a vraiment écoutés,
qui a pris du temps pour eux (v.13) : "Que
disiez-vous en chemin ?". Par la pratique ensuite (v.27)
: "puis il leur expliqua ce qui avait été dit à
son sujet dans l'ensemble des Ecritures
". Lire, relire,
méditer les Ecritures, rend l'espoir! La pratique aussi de l'accueil
(v.29) :"Reste avec nous, il se fait tard"
et le partage du pain (v.30) : "Il se mit à
table avec eux, prit du pain, remercia Dieu, le rompit et le leur donna
".
Quand on doute, pratiquer les Ecritures rend l'espoir!
En Jean maintenant. Au bord du lac
de Tibériade, quelques hommes partent à la pêche.
Ils vont passer la nuit "sans rien prendre" (v.3)
: l'échec. Nous connaissons cela : il arrive parfois que nous ayons
l'impression d'avoir tout raté dans notre vie. Alors nous avons
envie de tout arrêter, de tout abandonner. Le découragement
guette et peut-être nous paralyse. "C'était déjà
le matin et Jésus leur dit : jetez le filet de côté
"
(v.6).
Parfois, quand l'être
humain n'a même plus envie de lutter, quand il décide une
bonne fois pour toutes avoir atteint ses limites, alors, encore, le Christ
l'appelle au dépassement de lui-même. Parce que le Christ,
c'est aussi le dépassement de nos limites humaines. Le Christ est
l'au-delà de l'homme. Dieu est l'espoir et l'avenir de l'homme.
Parfois il faudra jeter le filet de l'autre côté que celui
qui était utilisé habituellement. Parfois pour retrouver
l'espérance, il faut aussi prendre un chemin autre que celui auquel
nous avions pensé. L'espérance alors, c'est oser croire
que face à une impasse, Dieu peut donner le courage de chercher
un nouvel itinéraire, un chemin nouveau et de savoir que la voie
n'est pas sans issue.
Hans Küng disait : "L'espérance
porte beaucoup de noms. L'espérance ne se conjugue pas au singulier.
C'est toujours d'espoirs qu'il s'agit
tout l'éventail des
espoirs doit rester ouvert".
La Bible, alors, comme éventail d'espérances possibles,
comme palette de récits et d'expériences d'espérance
pour que chaque lecteur puisse, à son tour, - avec d'autres autour
de lui, soutenu par d'autres comme soutenant d'autres, composer sa palette,
son tableau et déployer son éventail. Qui espère
d'abord, si ce n'est Dieu, le Dieu de l'espérance!
Marc
Dandoy,
pasteur à Rixensart
(EPUB, Eglise protestante unie de Belgique, mars 2003).
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