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"Voici le jour
que fit le Seigneur" : psaume 117
(heb 118)
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Chaque jour les Juifs et les Chrétiens prient
ou chantent les psaumes.
Le Psaume 117 (heb 118) est un psaume pascal. Il chante, à plusieurs voix, la délivrance et ce verset étonnnant : "La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue pierre fondamentale" |
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"Voici le jour que le Seigneur a fait, alléluia !" "Quand tu lis un psaume, dit Joseph Gelineau, ne commence pas par te demander avec ta tête ce qu'il veut dire laisse-le passer par ta bouche, goûte-le, ses mots sont comme une nourriture ! ". Psaume exultant, le plus typique de Pâques, le psaume 117 est dialogué et plein de vie. Avant de le découvrir, accueillons-le en nous comme une Parole de Dieu, pour nous aujourd'hui. De ce grand psaume pascal, la liturgie de la Veillée pascale et de certains dimanches de Pâques, ne retient que trois strophes (v. 1-4 ; 16-17 ; 22-23). Il ne faudrait pourtant pas perdre le bénéfice d'une psalmodie entière de ce beau texte capital pour l'annonce de Pâques. C'est un psaume d'action de grâce dans laquelle la liturgie chrétienne a vu depuis toujours, la prophétie du mystère pascal du Christ.Qui rend grâce dans le psaume ? Tout d'abord le Christ lui-même pour l'amour dont le Père l'aime. Dieu l'a ressuscité "par la force de son bras" (v.15) ; ainsi, il est un témoignage vivant de l'action de Dieu sauveur : "je vivrai pour annoncer" ( v.17). Deux phrases du psaume 117 résonnent avec une tonalité nouvelle dans le Nouveau Testament. Le verset 22 est cité par les trois évangélistes synoptiques pour conclure la parabole des vignerons homicides "La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle" (Mt 21,42 - Mc 12,10 - Lc 20,17) ; cette parole est citée par Jésus, qui l'applique à son mystère pascal et est reprise par Pierre dans les Actes des Apôtres : "Ce Jésus, il est la pierre que vous aviez rejetée, vous les bâtisseurs, et il est devenu la pierre d'angle". La seconde est celle que proclame la foule, à l'entrée messianique de Jésus à Jérusalem, le jour des Rameaux : "Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !" (v.26), mais aussi l'acclamation qui clôt la Préface et que la liturgie met sur nos lèvres, chaque dimanche. Parcourons tout le psaume 117. Il commence par un invitatoire (v.1-4) à chanter "Dieu est bon ! Éternel est son amour !". Vient ensuite dans la première partie, le motif de rendre grâce : "J'ai crié vers le Seigneur, et lui m'a exaucé, mis au large" car j'étais dans l'angoisse (v.5), aux prises avec des ennemis (v.7), encerclé (v.10), cerné (v.12), bousculé (v.13), sur le point d'être livré à la mort (v.18). Alors que les souffrances sont au passé, l'amour de Dieu est au présent "ma force et mon chant, c'est le Seigneur, je lui dois le salut" (v.14). Dans la deuxième partie du psaume, sa prière est accomplie. Celui qui a crié vient annoncer (v.17) les actions du Seigneur et demande qu'on lui ouvre les portes (v.19) pour rendre grâce. Il reconnaît ce que Dieu a fait (v.22-24) et donne libre court à sa joie qui éclate (v. 28) : "Tu es mon Dieu, je te rends grâce, mon Dieu, je t'exalte". Cette hymne splendide, qui clôture le groupe dit du Hallel (Ps 112-117), la louange pascale de la liturgie juive, a pour fil conducteur le rite d'une procession, scandée par les chants alternés du soliste et du chur. C'est l'occasion pour la communauté, au retour d'exil de rendre grâce à Dieu, pour son amour et de trouver confiance en lui : "Ma force et mon chant, c'est le Seigneur, il est pour moi le salut" (v.14). Quand s'ouvrent les portes de justice, celles du Temple, la louange redouble pour célébrer "l'uvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux" (v.23). N'est-ce pas dans la Pâque de Jésus que les chrétiens reconnaissent cette merveille, "le jour que fit le Seigneur, jour de fête et de joie" (v.24)? Quel est ce jour de Dieu, sinon celui de la résurrection du Christ, jour où la création retrouve vie et avenir, comme au premier jour de la Genèse ? Et en redisant ce psaume avec Jésus, le jour même de Pâques, nous chantons tout à la fois, la victoire de Dieu sur le mal. Alleluia!. Retour Katia Vanderhofstadt |