Notes
Le
Canon des Ecritures
Dans le Judaïsme ancien, la "Tora" a fait l'objet d'une
décision officielle dès les temps où Esdras l'a fixée
et l'a promulguée, sans doute vers 398 (Néhémie 8). La Tora,
c'est-à-dire les cinq livres attribués à Moïse, le Pentateuque.
Les Juifs de la diaspora, c'est-à-dire de la dispersion, lisaient beaucoup
les "Prophètes", c'est-à-dire les premiers livres que
nous appelons historiques et les prophètes tels que nous les connaissons.
L'ensemble des "Psaumes" constitue une troisième partie, allongée
desautres "Ecrits" au long des temps. A Alexandrie, lors des conquètes
d'Alexandre, les Juifs furent de plus en plus nombreux et ils traduisirent la
Bible en grec sans doute sous le règne de Ptolémée
II (285-246). C'est la traduction dite des LXX. Mais ce n'est que après
la chute de Jérusalem sous Titus en 70 après J.C. qu'un véritable
canon a été reconnu, à Jamnia. C'étaient des
pharisiens qui ont ainsi sauvé la religion d'Israël en la centrant
sur la Parole de Dieu, quand tous les autres signes de la foi avaient disparu
dans la tourmente (temple, terre, peuple groupé...). Ils ont exclu de leur
liste les livres qui seront appelés "deutérocanoniques",
c'est-à-dire du deuxième canon des Ecritures.
Les Chrétiens ont reconnu depuis le début la Bible Juive
comme Ecriture, puisque les premiers chrétiens étaient juifs. Peu
à peu cependant les lettres de Paul puis les évangiles furent écrits
et lus dans les communautés et reconnus comme Ecritures au même titre
que les autres livres. On en a un indice dans l'évangile de Jean au chapitre
2, lors de l'épisode des vendeurs chassés du Temple : l'auteur de
4e évangile accomplit un parallèle v. 17 : "Les disciples
se souvinrent qu'il est écrit : 'le zèle de ta maison me dévore'
et le v.22 : 'Lorsque Jésus se releva d'entre les morts, ses disciples
se souvinrent qu'il avait parlé ainsi et ils crurent à l'Ecriture
ainsi qu'à la Parole qu'il avait dite'. Ils ont aussi accepté
les livres de la traduction grecque dite des LXX. Origène en est un témoin
au IIe siècle. Mais il subsiste un certain flottement au sujet de certains
livres dans les différentes Eglises orientales et occidentales.
Les Eglises protestantes ne reconnaissent pas les "deutérocanoniques".