AUTRES ÉGLISES DE MAILHAC

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Cinq églises à Mailhac

 

L'Aude, pays cathare?

 

L'Église catholique dans l'Aude

Pendant cinq siècles (entre le XIème et le XVIème siècles), notre village ne comptait pas moins de cinq églises (en comptant l'église saint Paul-Serge, dont on vient de parler), toutes curieusement situées en dehors de l’enceinte fortifiée. Il est encore facile aujourd’hui de repérer leur emplacement grâce aux noms de rues ou lieu-dit actuels.

L’église Saint-Jean-de-Ca(p)s fait suite à un ancien lieu de culte païen romain christianisé. La ruine, encore visible au hameau de St-Jean-de-Caps, est carolingienne (IXèmes). À partir de l’époque cathare (XIIIèmes), seul le chœur de cette église subsista et servit de lieu de sépulture pour les fidèles de ce hameau administré, au temporel comme au spirituel, par un "prieur" dépendant de l’abbaye de Quarante (située à 15 km de là). Les noms de certains de ces prieurs nous sont parvenus, tels M.Dedieu, Dominique Fortassin, etc.

L’église Saint-Julien-et-Sainte-Basilisse-de-Mailhac: (Site actuel: "rue St-Julien", derrière le bureau de Poste), bâtie au Xèmes sur du roc ne comporte pas de cimetière. Elle disparut au moment de la Révolution française (1789).

La chapelle Notre-Dame-de-Roumengouse: (Site actuel: "Impasse Notre-Dame" et "rue de la Roumégouse"), étape pour les pélerins ("romés/roumé-gouse") de St-Jacques-de-Compostelle. Des pierres tombales témoignent de ce lieu de culte vivant jusqu'au XVIèmes.

Ajoutons enfin:

Le Couvent Saint-Joseph fondé en 1847 par des religieuses de l'Institut Saint-Joseph de Lyon: au long des années, ce couvent devint indépendant et Maison-Mère de nombreux établissements dans l'Aude sous le nom de "Congrégation du Sain-Nom de Joseph". S'étant créé une réputation pour son pensionnat et classes gratuites pour les filles, ce couvent a acquis une considération générale: vingt ans après sa fondation, seize établissements en dépendaient, fournissant des institutrices à un grand nombre de villages. En 1905, exil des religieuses de Mailhac en Catalogne (Gérone, Barcelone). Dix-sept religieuses reviennent en France en 1912 offrant à Mailhac leurs services aux malades (soins à domicile) et aux enfants (garderie, catéchèse). Les dernières soeurs étant parties pour rejoindre d'autres couvents (Coursan, etc.), celui de Mailhac fut fermé en 1947, et fut racheté en 1953 par les Taffanel (<cliquer) pour y déposer leurs fouilles archéologiques. Le bâtiment appartient maintenant à l'État français (photo ci-après).

 

L'AUDE, PAYS CATHARE?

Au XIIème siècle, l'Église Catholique Romaine qui, depuis la chute de l'empire romain, a su transmettre et construire la civilisation et la culture occidentales (établissements scolaires et hospitaliers, etc.), est politisée ou plutôt dépossédée par la pouvoir politique qui nomme des évêques et des abbés souvent sans vocation religieuse sérieuse. Des chrétiens réagissent, tel saint François d'Assise (autour de 1200) en Italie. D'autres chrétiens (vivant entre Toulouse, Albi, Carcassonne et Béziers) veulent aussi "purifier" l'Église ("cathare" signifie "pur"), mais, à l'inverse de saint François qui, embrassant la simplicité évangélique, chante la création matérielle, les cathares eux, par réaction excessive, tombent dans l'angélisme et le dualisme en méprisant la matière, le corps, la sexualité, rejetant à la fois l'Ancien Testament qui affirme que "tout ce que Dieu a créé est bon", et le Nouveau Testament qui annonce la bonne nouvelle de l'Incarnation du Fils de Dieu prenant un corps humain: "Le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous", lit-on pourtant dans le fameux prologue de l'Évangile selon saint Jean, référence habituelle des cathares (voir texte complet ci-dessous). Puisque le fondement du christianisme, c'est justement l'Incarnation, ils ne sont donc pas "chrétiens", contrairement à ce qu'on dit parfois.

Là-dessus, la politique s'en mêle: le roi de France, trop heureux d'attaquer l'autorité concurente des Comtes de Toulouse, soutient le Pape qui, au départ, voulait, par le dialogue, sauver les chrétiens de la tentation de l'angélisme. Mais la "Croisade contres les Albigeois" dégénère avec l'indigne Inquisition (1233), à l'opposé des méthodes évangéliques de saint Dominique qui n'avait pas d'autres armes que la Parole de Dieu et l'amour du Prochain: c'est ainsi qu'en 1207, un groupe de femmes cathares devint pacifiquement les premières religieuses "dominicaines" à Fangeaux-Prouille (Aude actuelle).

Les méthodes de l'Inquisition sont aussi condamnables que les principes inhumains et invivables des Cathares (Matière et corps n'étant, selon eux, que sources de mal et de ténèbres). La violence fut malheureusement à double sens, puisqu'en 1209 le siège de Béziers fut déclanché par l'assassinat de Pierre de Castenau, légat du Pape, et en 1244 le siège de Montségur fut provoqué par le massacre des inquisiteurs à Avignonet (en Lauragais) en 1242.

L'appellation "L'Aude, Pays Cathare", actuelle publicité commerciale et touristique vantant surtout la bonne chair, se réfère donc à une triste époque qui a duré deux siècles (Toulouse:1145 - Siège de Montségur: 1244 - Bélibaste, dernier Parfait cathare: 1333) et ne concernant que 5% de la population... A noter que les fameuses "croix cathares" ne peuvent leur être attribuées puisqu'ils étaient opposés à toute représentation matérielle des réalités spirituelles! Sans parler des "châteaux cathares" construits après eux... Nos cathares se révolteraient sans doute à nouveau aujourd'hui contre notre société matérialiste qui usurpe leur nom à des fins opposées à leur idéal spirituel!

Saint Dominique

méditant la Bible

ÉVANGILE SELON SAINT JEAN (1, 1-18)

A u commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. Par lui, tout s'est fait, et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée.

Il y eut un home envoyé par Dieu. Son nom était Jean. Il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n'était pas la Lumère, maia il était là pour luir rendre témoignage.

Le Verbe était la vraie Lumière qui éclaire tous les hommes en venant dans ce monde. Il était dans le monde, lui par qui le monde s'était fait, mais le monde ne l'a pas reconnu. Il est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu. Mais tous ceux qui l'ont reçu, ceux qui croient en non nom, il leur à donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. Ils ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d'une volonté charnelle, ni d'une volonté d'homme: ils sont nés de Dieu. Et le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu'il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.

Jean Baptiste lui rend témoignage en proclamant: "Voici celui dont j'ai dit: 'Lui qui vient derrière moi, il a pris place devant moi car avant moi il était.' " Tous, nous avons eu part à sa plénitude: nous avons reçu grâce après grâce: après la Loi communiquée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Dieu, personne ne l'a jamais vu; le Fils unique, qui est dans le sien du Père, c'est lui qui a conduit à le connaître.

L'ÉGLISE CATHOLIQUE DANS L'AUDE

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Communautés religieuses d'hier

 

Communautés religieuses actuelles

 

Calendrier des Saints locaux

Le DIOCÈSE DE CARCASSONNE recouvre actuellement le Département de l'Aude (300.000 habitants) regroupant (à la suite du Concordat de 1801) les anciens diocèses de

- Narbonne, créé au IIIème siècle par saint Paul-Serge, premier évêque de Narbonne, et supprimé le 21 décembre 1801, comptant onze diocèses suffragants: Béziers, Nîmes, Lodève, Uzès, Agde, Carcassonne, Elne, Montpellier, Saint-Pons, Alet et Alès,

- Carcassonne, créé au VIème siècle par saint Hilaire, premier évêque de Carcassonne, formé depuis 1801 par le département de l'Aude et, jusqu'en 1823, par celui des Pyrénées Orientales,

- Alet, abbaye du diocèse de Narbonne, devenue évêché en 1318,

- Saint-Papoul, abbaye du diocèse de Toulouse, puis de Pamiers (1295) devenue évêché en 1317,

- et une partie notable du diocèse de Mirepois.

Il fut une terre monastique avec les abbayes de St-Hilaire (VIème siècle), Lagrasse, Caunes, St-Polycarpe (fondées au VIIIème siècle), Fontfroide (fondée en 1097) et Rieunette (1162). De nombreuses et magnifiques églises romanes témoignent aussi de sa foi séculaire (Pouzols, St-Germain de Cesseras, Escales, Rieux, etc.). Ajoutons la chapelle de Notre-Dame des Auzils (= "des secours") à Gruissan, dominant la Méditerranée, pélerinage en souvenir des marins disparus en mer.

Sans oublier que la grande majorité de l'Église est composée par les laîcs vivant dans la société civile, évoquons seulement ici quelques communautés religieuses d'hier et d'aujourd'hui, engagées dans le service évangélique.

* COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES

> d'hier (anciennes abbayes bénédictines* ou cisterciennes** audoises; les noms soulignés indiquent les églises encore ouvertes au culte):

Sainte-Marie de Lagrasse*

Saint-Polycarpe*

Alet-les-Bains*

Caunes-Minervois*

Sainte-Marie de Villelongue*

Fontcalvy**

Saint-Papoul*

Fontfroide**

Saint-Hilaire* (berceau de la Blanquette en 1531)

> et d'aujourd'hui (autour de Mailhac):

LIEUX

Azille

Ginestas

Narbonne

Limoux

Prouilhe

COMMUNAUTÉS

Clarisses

Religieuses

Franciscains-Cordeliers

Lazaristes

Dominicaines

VOCATION

Vie communautaire

Service paroissial

Service paroissiaL

Accueil Notre-Dame de Marceille

Vie communautaire et accueil

SELON

sainte Claire

P. Siméon Roucou

saint François d'Assise

saint Vincent de Paul

saint Dominique

* CALENDRIER DES SAINTS propre au diocèse de Carcassonne:

DATE

9 Jan

15 Jan

30 Jan

13 Fév

1 Mai

27 Mai

4 Juin

7 Juin

16 Juin

28 Juil

7 août

16 août

2 sept

24 oct

26 oct

3 nov

11 déc

SAINT(S)

JULIEN & BASILISSE, époux chrétiens martyrs en Egypte vers 303; titulaires de 18 églises dans l'Aude

PIERRE DE CASTELNAU, moine cistercien de l'abbaye de Fontfroide, victime des cathares en 1209

PIERRE NOLASQUE, né en 1189 au Mas-Saintes-Puelles (Aude actuelle), fonda les religieux de La-Merci

GIMER, évêque de Carcassonne (+ 931)

THÉODARD, archevêque de Narbonne en 885

BÉRANGER, toulousain, moine bénédictin à l'abbaye St-Papoul (+26 mai 1092)

HILAIRE, évêque de Carcassonne (Vème s.), premier des 98 évêques de cette ville

SOPHIE-THÉRÈSE de Soubiran, née à Castelnaudary en 1834, fonda les religieuses de Marie Auxiliatrice

JEAN-FRANCOIS RÉGIS, Jésuite, né à Fontcouverte (Aude actuelle) en 1597

NAZAIRE & CELSE, martyrs à Milan (IVème s.), titulaires de la Cathédrale de la Cité de Carcassonne et d'autres villages

JUST & PASTEUR, martyrs en Espagne (vers 303), titulaires de la Cathédrale de Narbonne

ROCH, né à Montpellier en 1350, étudiant en médecine, puis pélerin-routard et humanitaire

JEAN-FRANCOIS BOUSQUET, prêtre, né à Ginestas (Aude actuelle) en 1751 (martyrisé à Paris en 1792)

ANTOINE-MARIE CLARET, évêque, fondateurs des religieux "clarétains", mort à Fontfroide en 1870

RUSTIQUE, troisième évêque de Narbonne (427)

PAPOUL, disciple de saint Saturnin, martyr (abbaye "St-Papoul", Aude actuelle)

PAUL-SERGE, premier évêque de Narbonne (IIIème s.), titulaire de l'église de Mailhac, premier des 71 archevêques de Narbonne

 NB:

- Saint Sébastien, célèbre martyr criblé de flèches à Rome en 288 et fêté le 20 janvier, serait, selon une tradition, originaire de Narbonne où une église lui est dédiée.

- les "Saintes Puelles", femmes bannies de Toulouse pour avoir pris la responsabilité de recueillir le corps de saint Sernin après son martyre (IIIè siècle), se réfugiant au "Mas" (appelé depuis: Mas-Stes-Puelles, village audois).

- Saint Salvayre, ermite dans la Clape (Gruissan), populaire à Narbonne (où un quartier de la ville porte encore son nom).

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- Liste des évêques de Narbonne (400-1803), Carcassonne (550-2001), Alet (1318-1803), St-Papoul (1328-1803), possible sur demande. A noter que

- Gui Foulques, archevêque de Narbonne (1259-65), fut élu Pape de Rome sous le nom de Clément IV (1265-68).

- Jules de Médicis, Cardinal, Archevêque de Narbonne (1515-23), fut élu Pape de Rome sous le nom de Clément VII (1523-34). Déplora le schisme anglican en 1531. Commanda à Michel-Ange (en 1533) la peinture du Jugement Dernier sur le mur de la chapelle Sixtine (dont le plafond fut peint entre 1508 et 1512 sous Jules II), travail terminé sous Paul III en 1541 (pudiquement retouché en 1563).

- Guillaume Durant, juriste érudit, né en 1232 à Puimisson (près de Béziers), fut d'abord chanoine de la Cathédrale St-Just de Narbonne, avant d'être élu évêque de Mende en 1286.

- Nicolas Pavillon, évêque d'Alet (1637-77), social et réformateur, fonda des écoles dans la haute vallée de l'Aude, prêchait en occitan, renvoyait les chanoines rentiers, etc.

- Le Pape Pie VII, à son retour de Fontainebleau, passa une nuit à l'Hôtellerie Notre-Dame à Castelnaudary le 2 février 1814. Un pâtissier lui offrit quelques gâteaux selon une recette rapportée par un soldat de Napoléon 1er. Pie VII, qui parlait mal le français, remercia en disant: "Alléluia!", nom attribué depuis à cette spécialité locale.

 

Bertrand de Langle (1708-1777)

évêque de Saint-Papoul en 1738,

légua sa fortune pour la construction des nouveaux bâtiments de l'hôpital de Castenaudary et lui fit don de la bibliothèque (2257 volumes).

SOPHIE-THÉRÈSE de Soubiran

née à Castelnaudary le 16 mai 1834,

fonda les religieuses de Marie Auxiliatrice qui essaimèrent à Toulouse, Paris, Lyon, Bourges, et jusqu'en Angleterre. Décédée à Paris le 7 juin 1889, déclarée "bienheureuse" par l'Église en 1946, et enfin canonisée "sainte".

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