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Pourtant, nous constatons que la pédagogie de saint Paul à Athènes a fait un "flop" et que, au temps de Matteo Ricci, les Jésuites en Chine ont abouti à un échec, en dépit de leur immense culture et de leur habileté. N'y a-t-il pas là de quoi décourager l'effort des philosophes et des savants?
Card. Poupard: J'ai deux réponses à proposer. La premières, c'est que nous sommes les fils d'un Dieu d'amour et que l réception du message chrétien passe par le coeur. Dieu ne nous convainc pas par des raisonnnements, mais par le Christ, sa mort sur la Croix et sa Résurrection, "scandale pour les Juifs, folie pouir les païens". Pour le dire avec Pascal: c'est d'un autre ordre, qui n'est pas d'abord de l'esprit, mais de l'âme. Je suis convaincu que Thrérèse de Lisieux, récemment procalée Docteur de l'Eglise mais dont la science est celle du coeur de Dieu, est la sainte qui va opérer une trouée extraordinaire en Asie. J'ai lu les Mémoires d'un diplomate lettré chinois converti, au temps de Pie XI. Il raconte dans son livre que, lorsqu'çil a découvert la "petite voie" d'enfance, il y a trouvé l'épanouissement et l'aboutissement de sa vision confucéenne de la vie et du monde.
Pie XI avait eu un geste d'un grand retentissement en Chine: il avait lui-même ordonné le 28 octobre 1926 les six premiers évêques chinois dans la basilique Saint-Pierre, et il avait fait l'éloge de la culture chinoise. Ce geste avait touché le coeur des Chinois. Dans son livre émouvant, publié chez Desclée de Brouwer en 1945 sous le titre Souvenirs et Pensées, et que je retrouve jauni dans ma bibliothèque où je l'avait placé après l'avoir lu le 1er novembre 1953 au Séminaire universitaire, Dom Pierre Célestin Lou Tseng-Tsiang, ancien Permier ministre et ancien ministre des Affaires étrangèrres de Chine, devenu moine bénédiction de l'abbaiye de Saint-André à Bruges, dit simplement: "Ma conversoin n'est pas une conversion. Dieu m'a conduit et il m'a appelé. J'ai médité l'Evangile en fonction de moi-même et en fonction de mon pays. Je fus aussi encouragé par la bienveillance parternelle du pape Pie XI. J'entrais dans un catholicisme profondément vécu et je voyais avec précision le bénéfice que mon pays, j'en ai la certitude, recueillera du développement auquel y est appelée l'Eglise catholique." Un peu plus loin, il précise "Je suis confucianiste, parce que cette philosophie morale dans laquelle je fus élevé pénètre profondément la nature de l'homme et trace clairement sa ligne de conduite vis-à-vis du Créateur, vis-à-vis des parents et vis-à-vis des semblables: personnes et société. Je suis chrétien et catholique, parce que la Sainte Eglise, préparée dès l'origine de l'humanité, fondée par Jésus-Christ, Fils de Dieu, éclaire et soutient divinement l'âme de l'homme et donne les réponses définitives à toutes nos pensées les plus hautes, à tous nos désirs les meilleurs, à toutes nos aspirations, à tous nos besoins...
"L'Eglise chrétienne et catholique, la Sainte Eglise romaine, est le complément divin, merveilleux et irremplaçable de tout ce que je possédais, de tout ce que je pressentais, cherchais et désirais, et des institutions fondamentales de mon peuple."
L'ancien diplomate chinois devenu moine bénédictin, après avoir reppelé sa vocation diplomatique et sa carrière politique, et décrit sa vocation chrétienne religieuse et sacerdotale, ne craint pas de conclure son émouvant témoignage, dété du 12 décembre 1943, par "ce fait qui s'affirme chaque jour avec plus de clarté et de grandeur: la vocation chrétienne de la Chine".
M.-J.G.: Voilà qui bouleverse les idées reçues! Sur quels points avait insisté Pie XI dans osn éloge la culture chinoise?
Card. Poupard: Je me souviens qj'il soulignait sa profonde humanité. C'était un trait de génie de la part du pape de mettre l'accent sur ce moint et d'y découvrir des correspondances avec l'attitude chrétienne. Car ce qui a souvent heurté la Chine, c'est une certaine inhumanité accompagnant la présentation du message de l'Evangile. La petite Thérèse, elle, est d'une humanité extraordinaire. N'est-il pas significatif que son autobiographie, Histoire d'une âme, soit publiée en chinois sous le titre de Histoire de la petite fleur...? Ce miracle de tendresse humaine touhce les gens, parce quela culture chinoise orgueilleuse d'elle-même - et qui a des raisons de l'être - se trouve avec la petite Thérèse devant quelqu'un qui n'a aucun orgueil et rayonne d'amour.
Ma deuxième réponse à votre remarque sur "les philosophes et les savants", c'est que ne pouvons pas faire l'économie d'un effort de compréhension des mentalités. Effort qui n'est pas purement intellectuel. L'un des malentendus touhce à la rencontre inachevée des civilisations. Lisez le récit fantastique de la remise des lettres de créance des ambassadeurs du roi Louis XIV à la cour de l'Empire du Milieu (Chine NDRL). Ils sont les envoyés du Roi-Soleil dans sa grandeur, et à ce titre, ils partagent l'illusion que l'empereur de Chine n'a qu'à s'incliner devant eux. A l'inverse, les chambellans chinois qui échangent à leur barbe des commentaires ironiques se moquent d'eux parce qu'ils les considèrent comme des rustres. Cet épisode devrait nous instruire et nous montrer que l'Occident a péché par orgueil en se considérant détenteur d'une culture supérieure à toutes les autres.
Nous devrions relire les sages Instructions rédigées à la demande du pape Alexandre VII, en 1659, à l'usage des Vicairres apostoliques en partance pour les royaumes chinois de Tonkin et de Cochinchine: "Ne mettez aucun zèle, n'avancez ancun argument pour convaincrre ces peuples de changer leurs rites, leurs coutumes et leurs moeurs, à moins qu'elles ne soient évidemment contraires à la religion et à la morale. Quoi de plus absurde que de transporter chez les Chinois la France, l'Espagne, l'Italie ou quelque autre pays d'Europe?... IL est pour ainsi dire inscrit dans la naturre de tous les hommes d'estimer, d'aimer, de mettre au-dessus de tout au monde les traditions de leur pays et ce pays lui-même. Aussi n'y a-t-il pas de cause plus puissante d'éloignement et de haine que d'apporter des changements aux coutumes proprres à une nation, principalement à celles qui y ont été pratiquées aussi loin que remontent les souvenirs des anciens. Ne mettez donc jamais en parallèle les usages de ces peuples avec ceux de l'Europe. Bien au contraire, empressez-vous de vous y habituer. Admirez et louez ce qui mérite la louange."
 

Retred Koraiz er Vatikano: SklÃrijenn an Dreinded Santel
Retraite au Vatican: La lumière de la Sainte Trinité
Méditations du cardinal Hummes

CITE DU VATICAN,  Mardi 19 février 2002 (tennet eus ZENIT.org) -
"Il faut s´approcher du mystère de la Trinité, en ôtant ses sandales, en se laissant entraîner par le feu purificateur du buisson ardent (...), en se prosternant la face contre terre, pour accueillir les rayons de la lumière infinie de Dieu qui parvient jusqu´à nous": c´est par ces images bibliques de la révélation de Dieu à Moïse (Exode 3) que le cardinal Claudio Hummes, ofm, archevêque de Sao Paulo, a commencé sa méditation, hier après-midi, sur ce mystère "caché en Dieu" mais révélé par le Christ.

Le cardinal brésilien dessinait cet itinéraire "d´humilité transparente et de pauvreté spirituelle" qui conduit "dans le sanctuaire de l´amour infini de Dieu". Il a ensuite consacré sa seconde méditation d´hier après-midi à la personne du Père, et ce matin, ses deux méditations aux personnes du Fils et du Saint-Esprit. Nous traduisons d´après la synthèse de Radio Vatican.

Le cardinal Hummes a particulièrement souligné la pédagogie divine qui introduit progressivement l´humanité dans la vie du dialogue amoureux des trois personnes divines: révélation biblique et révélation individuelle à qui s´ouvre à l´amour.

Constatant que l´homme d´aujourd´hui est "contaminé par l´idéologie rationaliste", le cardinal Hummes soulignait qu´ainsi, il "a perdu le sens du mystère, aussi nécessaire pour vivre la vie de foi et la vie humaine comme une aventure merveilleuse".

"Ne pas accueillir le caractère sublime du mystère, continuait l´archevêque, signifie s´engager sur des routes conduisant l´homme à adorer sa propre oeuvre scientifique et technologique avec toutes ses limites, ses échecs, ses risques".

D´où l´urgence d´une "nouvelle évangélisation qui rend l´homme moderne de nouveau sensible au mystère transcendant de Dieu". Pour cela, le cardinal Hummes indiquait le chemin pris par Marie, soeur de Marthe et de Lazare: "Nous devons nous asseoir aux pieds du Maître et l´écouter", à l´instar de la Mère de Jésus et des Apôtres.

"En nous révélant son Père, en nous parlant de Dieu Jésus racontait son expérience de Fils bien-aimé du Père, rappelait le cardinal Hummes. Jésus est immensément heureux d´être le Fils bien-aimé et son bonheur; il veut nous le faire éprouver à nous aussi, en nous faisant devenir fils du même Père. Lorsque Jésus proclame: Bienheureux les pauvres en esprit, bienheureux les doux, bienheureux les miséricordieux, bienheureux les coeurs purs, bienheureux ceux qui souffrent la persécution par amour de la justice, bienheureux ceux qui mettent en pratique la Parole de Dieu, il parle de sa propre béatitude, de son expérience de Fils bien-aimé. Il veut nous enseigner le chemin de cette béatitude pour nous proposer à nous aussi la filiation divine, en nous enseignant comment nous pouvons être des fils bien-aimés et être ainsi bienheureux".

Le cardinal Hummes a ensuite évoqué l´action du Saint Esprit, "âme de l´Eglise", force continuelle de renouveau, source de vie nouvelle avec les charismes dont il continue à enrichir l´Eglise. Il concluait en évoquant le ministère des évêques et l´exigence de demander ce renouveau avec persévérance, à genou et en silence, dans une prière intense, comme les Apôtres auprès de Marie, attendant la Pentecôte.

L´Esprit Saint est en effet le "sanctificateur": "Sainteté: qu´est-ce que la sainteté?, interrogeait le prédicateur. Tout a quelque chose à voir avec l´amour. Sainteté signifie présence de l´Esprit de Dieu en nous, de la trinité en nous. Son Esprit nous rend capables de faire l´expérience de l´amour de Dieu pour nous et en retour d´aimer Dieu comme un Père et de nous aimer les uns les autres comme des frères. C´est cela la sainteté, seulement cela". v

     Le Christ transforme en "moment favorable" des temps bouleversés

Homélie de Jean-Paul II le Mercredi des Cendres
CITE DU VATICAN,  Mercredi 20 février 2002 (ZENIT.org) - Le pape Jean-Paul II a prononcé l´homélie suivante lors de la Célébration pénitentielle du Mercredi des Cendres dans la basilique Sainte-Sabine. Seul le Christ peut transformer en "moment favorable" ces temps d´une humanité bouleversée par la haine et les divisions, affirme Jean-Paul II.

Le mercredi 13 février après-midi, Jean-Paul II a présidé la célébration pénitentielle du Mercredi des Cendres, dans la basilique romaine Sainte-Sabine sur l´Aventin à Rome, inaugurant ainsi le début du Carême.

- Homélie de Jean-Paul II -

1. "Déchirez votre coeur, et non vos vêtements, revenez à Yahvé, votre Dieu, car il est tendresse et pitié" (Jl 2, 13).

Avec ces paroles du prophète Joël, la liturgie d´aujourd´hui nous introduit dans le Carême. Elle nous indique dans la conversion du coeur la dimension fondamentale du temps de grâce particulier que nous nous apprêtons à vivre. Elle suggère également la motivation profonde qui nous rend capables de nous remettre en chemin vers Dieu: c´est la conscience renouvelée que le Seigneur est miséricordieux et que chaque homme est un fils aimé par Lui et appelé à la conversion.

Avec une grande richesse symbolique, le texte prophétique qui vient d´être proclamé rappelle que l´engagement spirituel doit être traduit en choix et en gestes concrets, que l´authentique conversion ne doit pas se réduire à des formes extérieures ou à de vagues propositions, mais qu´elle exige la participation et la transformation de l´existence tout entière.

L´exhortation "revenez à Yahvé votre Dieu" implique le détachement de ce qui nous retient loin de Lui. Ce détachement constitue le point de départ nécessaire pour renouer avec Dieu l´alliance brisée à cause du péché.

2. "Nous vous en supplions au nom du Christ: laissez-vous réconcilier avec Dieu" (2 Co 5, 20). L´invitation pressante à la réconciliation avec Dieu est présente également dans le passage de la seconde Epître aux Corinthiens que nous venons d´écouter.
La référence au Christ, placé au centre du récit, suggère qu´en Lui, la possibilité est donnée au pécheur d´une authentique réconciliation. En effet, "Celui qui n´avait pas connu le péché, Il l´a fait péché pour nous, afin qu´en lui nous devenions justice de Dieu" (2 Co 5, 21). Seul le Christ peut transformer la situation de péché en situation de grâce. Lui seul peut transformer en "moment favorable" les temps d´une humanité submergée et bouleversée par le péché, ravagée par les divisions et par la haine. "Car c´est lui qui est notre paix, lui qui des deux peuples n´en a fait qu´un, détruisant la barrière qui les séparait, supprimant en sa chair la haine [...] pour faire la paix et les réconcilier avec Dieu tous deux en un seul Corps, par la Croix" (Ep 2, 14.16a).

C´est aujourd´hui le moment favorable! Un moment qui nous est offert à nous aussi, qui entreprenons aujourd´hui avec un esprit de pénitence l´austère itinéraire quadragésimal.

3. "Revenez à moi de tout votre coeur, dans le jeûne, les pleurs et les cris de deuil" (Jl 2, 12).
La liturgie du Mercredi des Cendres, dans la bouche du prophète Joël, exhorte à la conversion personnes âgées, femmes et hommes adultes, jeunes, enfants. Nous devons tous demander pardon au Seigneur pour nous et pour les autres (cf. Ibid. 2, 16-17).

Très chers frères et soeurs, suivant la tradition des stations du Carême, nous sommes réunis aujourd´hui ici, dans l´antique Basilique Sainte-Sabine, pour répondre à cet appel urgent. Nous aussi, comme les contemporains du prophète, avons devant les yeux et portons gravées dans l´âme les images de souffrances et de tragédies inhumaines, qui sont souvent le fruit d´égoïsmes irresponsables. Nous aussi ressentons le poids de l´égarement de tant d´hommes et de femmes face à la douleur des innocents et aux contradictions de l´humanité d´aujourd´hui. Nous avons besoin de l´aide du Seigneur pour retrouver notre confiance et la joie de vivre. Nous devons retourner à Lui, qui nous ouvre aujourd´hui la porte de son coeur, riche de bonté et de miséricorde.

4. Au centre de l´attention de la célébration liturgique d´aujourd´hui, il y a un geste symbolique, illustré à juste titre par les paroles qui l´accompagnent. Il s´agit de l´imposition des cendres, dont la signification, qui évoque fortement la condition humaine, est soulignée par la première formule prévue par le rite: "Car tu es poussière et tu retourneras à la poussière" (Gn 3, 19). Ces paroles, tirées du Livre de la Genèse, rappellent la caducité de l´existence et invitent à considérer la vanité de chaque projet terrestre, lorsque l´homme ne fonde pas son expérience sur le Seigneur. La seconde formule que le rite prévoit: "Convertissez-vous et croyez à l´Evangile" (Mc 1, 15), indique la condition indispensable pour se mettre en chemin sur la voie de la vie chrétienne: il faut pour cela un réel changement intérieur et l´adhésion confiante à la parole du Christ.

La liturgie d´aujourd´hui peut donc être considérée dans une certaine mesure comme une "liturgie de mort", qui renvoie au Vendredi Saint, au cours duquel le rite d´aujourd´hui trouve son plein accomplissement. C´est en effet dans Celui qui "s´humilia plus encore obéissant jusqu´à la mort et à la mort sur une croix" (Ph 2, 8), que nous aussi, devons nous anéantir nous-mêmes pour renaître à la vie éternelle.

5. Ecoutons l´invitation que le Seigneur nous adresse à travers les gestes et les paroles, intenses et austères, de la liturgie de ce Mercredi des Cendres! Nous l´accueillons avec l´attitude humble et confiante, que nous propose le Psalmiste: "Contre toi, toi seul j´ai péché, ce qui est coupable à tes yeux, je l´ai fait". Et encore: "Dieu, crée pour moi un coeur pur, restaure en ma poitrine un esprit ferme..." (cf. Ps 50).

Que le temps de Carême soit pour tous une expérience renouvelée de conversion et de profonde réconciliation avec Dieu, avec nous-mêmes et avec nos frères. Que nous l´obtienne la Vierge des Douleurs que, le long de l´itinéraire quadragésimal, nous contemplons unie à la souffrance et à la passion rédemptrice du Fils.

© L´Osservatore Romano v*

Sevenadur / culture
 
 

    Emañ dazont an denelezh e dalc’h diorroidigezh kevan ha kengred pep den : pep den hag an den en e bezh. (Paol VI, Populorum progressio.) Hogen “ perzh mab den ez eo ne c’hell tizhout a-grenn an denelezh nemet dre ar sevenadur. ” (Yann-Baol II Fides et ratio.) Bez e rank ar gristenion dispakañ o feiz en ur ziorren ur sevenadur kristen “ rak ur feiz na zeu ket da vezañ sevenadur zo anezhi ur feiz n’eo ket degemeret en he fezh, n’eo ket meizet penn-da-benn, n’eo ket bevet feal. ” (Yann-Baol II da Guzul Pabel ar sevenadur.)
     L’avenir de l’humanité passe par le développement intégral et solidaire de chaque personne: tout homme et tout l’homme(cf , Paul VI, Populorum progressio). Or “ c’est le propre de la personne humaine de n’accéder pleinement à l’humanité que par la culture. ” (Jean-Paul II, Fides et ratio, n. 70). Les chrétiens doivent épanouir leur foi en développant une culture chrétienne “ car une foi qui ne devient pas culture est une foi qui n’est pas pleinement accueillie, entièrement pensée et fidèlement vécue. ” (Jean-Paul II au Conseil Pontifical pour la culture.)

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CITE DU VATICAN,  Mercredi 20 février 2002 (ZENIT.org) -

Prezegenn Kardinal Hummes da geñver amzer Koraiz.

Nous reprenons la synthèse de Radio Vatican.

"Le Verbe s´est fait chair et il a habité parmi nous": l´événement central de l´histoire humaine a fait l´objet de la méditation du cardinal Claudio Hummes lundi après-midi, après ses méditations sur la Sainte Trinité, puis sur les personnes du Père et de l´Esprit Saint.

Jésus, rappelait le prédicateur en reprenant les mots de Vatican II, s´est en quelque sorte "uni à chaque homme". L´homme est ainsi devenu "le chemin de l´Eglise".

Le cardinal Hummes a ensuite évoqué le "préoccupant panorama mondial de pauvreté et d´exclusion sociale de tant de pays du monde" tel qu´il a été décrit par le synode des évêques sur le ministère épiscopal, en octobre 2001. Un cardinal africain affirmait, soulignait le cardinal Hummes: "Les grands du monde d´aujourd´hui ne s´intéressent pas aux Pays africains. Peut-être sont-ils encore intéressés par les richesses minérales de leur sous-sol, mais non par ce qui se trouve sur leur sol: les peuples africains". "A ces peuples, l´Eglise doit apporter l´espérance, avec cohérence", affirmait le prédicateur. Elle doit le faire de façon concrète et efficace, avec urgence".

Mais comment? Et d´expliquer: "Le premier et le plus important service que l´Eglise peut certainement et doit rendre à l´homme concret et historique d´aujourd´hui est l´évangélisation. Cela vaut toujours à la condition qu´elle soit au maximum inculturée et située concrètement. L´annonce de la personne de Jésus Christ, de sa mort et de sa résurrection et de son royaume, a une force à laquelle nous avons besoin de croire avec beaucoup de vigueur. Cette nouvelle évangélisation doit nécessairement conduire à l´exercice de la charité et de la solidarité avec les pauvres. C´est là le second service, indispensable, que doit rendre l´Eglise. Et elle doit stimuler toute l´humanité à faire de même envers les pauvres et les nécessiteux du monde d´aujourd´hui. Sans cela, notre foi serait vide et nous serions infidèles à Jésus Christ".

Et comme modèle d´évangélisation et de charité, le cardinal indiquait Marie, la Mère de Jésus qui "écoute la Parole de Dieu, la médite dans son coeur, et la vit en la mettant en pratique par son fiat constant". "En second lieu, ajoute le cardinal Hummes, Marie est un exemple de foi et de charité. Marie a cru à la Parole du Seigneur, transmise par l´Ange, et à partir de ce moment-là,  elle a vécu dans la foi, sans en mesurer les conséquences, en se confiant totalement à Dieu. Elle a été un exemple de charité. Elle est arrivée au sommet lorsqu´elle a accepté de souffrir avec son Fils au pied de la Croix".

Dans les méditations de ce mardi matin, le cardinal Hummes a commenté les pages de l´Evangile du Bon Pasteur, qui "donne sa vie pour ses brebis", puis la question du Christ ressuscité à Saint Pierre: "M´aimes-tu plus?" "Seul celui qui aime, disait le cardinal Hummes, donne la garantie d´aimer ses brebis et de prendre soin d´elle".

Mais il notait certains dangers menaçant le ministère épiscopal: "Plus nous sommes loin des brebis dont nous devons être les pasteurs, et plus elles nous apparaissent abstraites. Cherchons à ne pas perdre l´amour pour ne pas les gouverner avec moins de soin et de compréhension, comme si elles étaient des cas théoriques à résoudre. Il s´agit toujours de personnes pleines d´aspirations, de carences, qui ont besoin de soutien et d´encouragement pour pouvoir grandir".

La méditation sur la charité pastorale conduisait le prédicateur à une méditation sur la Dernière Cène et sur le don de l´Eucharistie qui, disait le cardinal Hummes, "nous unit à Dieu et les uns aux autres: Jésus s´y donne comme il a donné sa vie sur la Croix".

sevenadur / culture

Tout est sacré, pour qui distingue, en chaque créature, la parcelle d'être élu soumise à l'attraction du Christ en voie de consommation. Reconnaissez, Dieu aidant, la connexion, même physique et naturelle, qui relie votre labeur à l'édification du Royaume céleste, voyez le Ciel lui-même vous sourire et vous attirer à travers vos oeuvres; et vous n'aurez plus, en quittant l'église pour la cité bruyante, que le sentiment de continuer à vous immerger en Dieu. Si le travail vous semble fade ou épuisant, réfugiez-vous dans l'inépuisable et reposant intérêt de progresser dans la vie divine. S'il vous passionne, faites passer dans le goût de Dieu, mieux connu et désiré de vous sous le voile de ses oeuvres, l'élan spirituel que vous communique la Matière. Jamais en aucun cas, que vous mangiez ou que vous buviez (1Co 10,31)..., ne consentez à faire quoi que ce soit dont vous ne reconnaissiez d'abord, dont vous ne poursuiviez suprêmement ensuite, la signification et la valeur constructive in Christo Jesu. Ceci n'est pas seulement une leçon de salut quelconque, c'est, suivant l'état et la vocation de chacun, la voie même de la sainteté. Qu'est-ce en effet qu'être sainte, pour une créature, sinon adhérer à Dieu au maximum de ses puissances? et qu'est-ce qu'adhérer à Dieu au maximum, sinon remplir, dans le Monde organisé autour du Christ, la fonction exacte, humble ou éminente, à laquelle, par nature et par surnature, elle est destinée?

Pierre Teilhard de Chardin, s.j.

 
 

La lumière du Christ transforme les situations sociales, politiques, économiques
Commentaire sur l´Evangile de l´Aveugle-né

CITE DU VATICAN, Dimanche 10 mars 2002 (ZENIT.org ) - La lumière du Christ peut "transformer les coeurs et par conséquent les mentalités, les situations sociales, politiques, économiques dominées par le péché": Jean-Paul II a commenté en ces termes l´évangile de l´Aveugle-né que propose la liturgie de ce dimanche.

Selon la tradition, le pape Jean-paul II est apparu ce dimanche à la fenêtre de son bureau qui donne Place Saint-Pierre pour la prière de l´angélus de midi.

(...)

"Que personne, chers frères et soeurs, ne ferme son esprit au Christ! Il donne à qui l´accueille la lumière de la foi, une lumière en mesure de transformer les coeurs et par conséquent les mentalités, les situations sociales, politiques, économiques dominées par le péché. "Je crois, Seigneur! (Jn 9, 38). Avec l´aveugle-né, que chacun de nous soit prêt à professer humblement son adhésion personnelle à lui", exhortait Jean-Paul II.

" "Laetare, Jerusalem...". C´est par ces paroles du prophète Isaïe, rappelait Jean-Paul II, que l´Eglise nous invite aujourd´hui à la joie, à mi-chemin sur l´itinéraire pénitentiel du carême. La joie et la lumière sont le thème dominant de la liturgie d´aujourd´hui. L´Evangile raconte l´histoire d´une "homme aveugle de naissance" (Jn 9,1). En le voyant, Jésus fit de la boue avec sa salive, appliqua la boue sur ses yeux et lui dit: "Va te laver à la piscine de Siloé (ce qui signifie "Envoyé"). Celui-ci y alla, se lava et revint en voyant" (Jn 9, 6-7).

"L´aveugle-né, continue le pape, représente l´homme marqué par le péché, et qui désire connaître la vérité sur lui-même et sur son propre destin, mais qui en est empêché par un mal congénital. Jésus seul peut le guréir: Il est "la lumière du monde" (Jn 9, 5). En se confiant à lui, tout être humain, spirituellement aveugle de naissance, a la possibilité de "venir à la lumière" de façon nouvelle, c´est-à-dire de naître à la vie surnaturelle".

"A côté de la guérison de l´aveugle, explique encore Jean-Paul II, l´Evangile met en relief l´incrédulité des Pharisiens qui refusent de reconnaître le miracle, à partir du moment où Jésus l´a accompli un sabbat, en violant, selon eux, la loi de Moïse. C´est ainsi qu´émerge cet éloquent paradoxe que le Christ assume lui même par ces paroles: "Je suis venu dans le monde pour un jugement: que ceux qui ne voient pas voient et que ceux qui voient deviennent aveugles" (Jn 9, 39)".

"Pour qui rencontre Jésus, il n´y a pas de compromis: où l´on reconnaît avoir besoin de Lui et de sa lumière ou l´on choisit de s´en passer. Dans ce dernier cas, la présomption même empêche de s´ouvrir à la conversion authentique celui qui se considère juste devant Dieu comme celui qui se considère comme athée".

"A tous, concluait le pape après avoir invoqué l´intercession de la Vierge Marie, je souhaite un bon dimanche et un carême riche en fruits spirituels".