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Sent Breizh

Sant Arzhmael


   Armel de Pen-Ohen

            Armel était de nationalité bretonne, étant né l’an 482 à Pen-Ohen, en l’actuel Pays de Galles (Clamorgan), reste de la Bretagne d’autrefois qui s’étendait des montagnes d’Ecosse à la plaine londonienne.
        De nombreux Bretons durent franchir la Manche pour défendre l’Empire romain en péril face à la poussée des Barbares, et la Bretagne fut elle-même envahie par les Anglo-Saxons (ancêtres des Anglais). Il y eut ainsi une forte émigration et la terre d'Armorique se bretonnisa  en l'espace de quelque trois siècles: on l'appela bientôt la "Petite Bretagne". C'est dans ce contexte qu'Armel est venu en Armorique, comme beaucoup d'autre moines bretons, ou irlandais.
        Armel, mot de la langue celte britonnique, signifie « Grand Ours »... Enfant, le petit ours Armel fut envoyé traditionnellement dans une de ces écoles monas-tiques des îles celtiques, importants foyers de civilisation où put se maintenir la Foi, alors que l'Empire romain se désagrégeait et que naissait l'Europe. De cette culture celtique florissante, l'Europe et l'Eglise profitèrent avec les saints de Bretagne, Irlande, Ecosse: Gildas, Corentin, Patrick, Colomban, Gall, Fridolin…

   De Plouarzel au Mont-Saint-Armel

            Armel traversa la mer bretonne (la "Manche") pour débarquer à l’Aber Ildut. Sous son impulsion, un monastère se bâtit là-bas, autour duquel se forma une communauté qui devint la paroisse de Plouarzel (pays du Léon).
        Armel passa aussi sept ans  à la cour des Francs, qui finirent par lui octroyer des terres au sud du pays de Rennes, en ce temps-là sous domination franque : ce sera Saint-Armel-des-Boschauts, où Armel fit jaillir une source, par laquelle de nombreuses guérisons arriveront. Alors fleurit un nouveau monastère, sur cette terre qui plus tard, avec l'énergie du roi Nominoë, viendrait agrandir la Bretagne.
        Un peu plus loin, à Vern-sur-Seiche, Armel lia avec son étole un dragon qui vivait dans des marais pestilentiels et brûlait bêtes et gens, et le précipita du Mont-Saint-Armel. A Ploërmel, le cousin transsylvanien de cette sale bête était nommé la "beste de Guibourg", ou la "Guibre", qui fut précipitée par Armel dans un grand lac.
        Ploërmel figure parmi les nombreuses villes antiques de Bretagne qui prirent le nom d'un saint celtique, en organisant leur vie avec lui et autour de son monastère. "Plo" , ou "plou", ou encore "ple", signifient paroisse en langue bretonne, et "Plo-Armel" est donc la paroisse d'Armel. Au fil des générations, nombre d'habitants ont eu coutume de recevoir à leur baptême le nom de leur saint fondateur: ainsi, les Armel, Armelle et autres Marie-Armelle se trouvent encore aujourd'hui. La source que fit jaillir saint Armel est assez éloignée du bourg: il faut descendre l'avenue Général Dubreton, direction Vannes, dépasser sur la droite le mouroir des vieilles personnes, et prendre le premier chemin  à gauche après le panneau de sortie "Ploërmel". Faites quelque 200 mètres et vous verrez la fontaine à droite, à  flanc de coteau. Elle se protège d'une écrin charmant de lande et de forêt, vestiges du pays d'avant la  folie du remembrement des campagnes dans les années 60. Son eau possède des vertus pour les enfants qui ont du mal à grandir: "Celui qui a des oreilles, qu'il entende".
        A 20 kilomètres à l'est de Ploërmel, après Guer, se trouve Loutehel, où Armel fit jaillir aussi de l’eau, et la fontaine est encore là-bas, en bas du bourg.

   Prier saint Armel

            Armel nous laisse de nombreuses traces de lui, par les paroisses, les églises, les chapelles, les fontaines et les reliques, ces restes physiques fort honorés en Bretagne par lesquels grâces divines et guérisons peuvent arriver. On le retrouve partout en Bretagne: à Lantic (Trégor), à Languedias, Saint-Gonlay (Pays de St Malo), à Meslan, Bubry, Saint-Armel, Plouharnel, Lorient (Pays de Vannes), à Langouet (au nord-ouest de Rennes)...
        Dans la Bretagne du XXIe siècle, Armel est toujours présent. Par son intercession, les dragons de notre époque reculent: l'athéisme, le matérialisme, l'occultisme, les "guérisseurs" de toutes sortes, le meurtre légal des enfants dans le ventre de leur mère, le mal appelé bien prennent la fuite devant le Grand Ours et la Bretagne redevient un vert jardin, quand les cœurs s'ouvrent à l'Amour guérissant. Car saint Armel, quand nous prions cet enfant du pays, nous fait aimer la volonté de Dieu qui est Amour et Lumière, Miséricorde et Charité, Vérité et Justice.
        Son sarcophage est dans l'église de St-Armel-des-Boschauts. On le prie pour la pluie. A sa fontaine en Ploërmel, on plongeait les enfants peu enclins à marcher.

O Sant Arzhel, Patron karet,
N’oc’h ket ganeomp ankounac’het;
Grit ma c’hellimp dre ho pennozh
Mont d’ho meuliñ d'ar Baradoz.

Diredomp holl, Plouarzhelliz,
Da enoriñ Tad hon Iliz;
Sant Arzhel eo e Breizh-Izel
Ha Sant Armael e Breiz-Uhel.

E bro Breizh-Veur e voe ganet
Eus gouenn nerzhus ar Vretoned,
Hag e kavas ‘harz e gavel
Eur vamm a feiz ‘vit e sevel.


Kemeromp skouer war  Sant Arzhel.
Klaskomp d’hon tro bezañ santel,
Hag eveltañ, drant ha dillo,

D’ar Baradoz ni a nijo.
    
(extrait d'un cantique chanté à Plouarzel)


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